‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 307 sur 327 · DESPENSE FAICTE DES DENIEES DE LA RECEPTE · texte numérisé non relu

DESPENSE FAICTE DES DENIEES DE LA RECEPTE

Victuailles 1,772 liv.

Autre despence en chevaulx à scelle et à bast, et aussi en la despense ordinaire falcte par le muletier hors del'ostel

desdictes mynes alant quérir les provisions d'icelles. . 157

Autre despense en suif et estouppes pour faire chandelles. 503

Autre despense pour les forges desdictes mynes. • . • . 156

Autre despense de boys • 585

1 La différence, qui est peu importante, comme on voit, provient des sous et deniers que j'ai négligés dans le détail des recettes. — On voit que la Chambre des comptes a fait usage de la langue latine jusqu'à l'ordonnance de François Ier portant que tous les actes administratifs seraient dorénavant formulés en français.

Aulre despense en charbon 467

Autre despense de basnes, barreaux, paniers, etc 23

Summa achatorum et expensarum , viclualium et provisionum pro facto minarum : 3,604 liv. 5 s. 6 d.

Autre despense en gaiges et sallaireâ 206 liv.

Gaiges d'ouvriers de martel allemands, vivans sur leurs

bourses 78 i

Gaiges d'ouvriers romans vivans sur leurs bourses. ... 278

Gaiges d'ouvriers de martel allemands 1 96

Gaiges d'ouvriers romans qui ont ouvré sur la despemc

du roy 529

Gaiges de manœuvres 373

Gaiges de» conseilliers des dictes mynes et serviteurs d'ostel. 282

Summa salariorum et vadiorum operariorum et aliorum in dictis mini s operantium : 2,451 liv. 19 s. 6 d. *.

Gaines d'officiers 98 liv.

Autre despence en journées de'gens non affermez. 2 7

Autres journées de manœuvres 54

Autres journées aux forges des dictes mynes. . . 15

Summa tradita opcrariis non ajjirmatis 96

Autre despence en charroy de myne 20

Autre charroy de myne 17

Autre charroy de myne 8

Summa pro charriaglo myne 45

Tiraige de terre ès mynes 42

Sablon et cendres 5

Autre deapence en pris falcts de marltnelz 1,100

Autre despence de pris faict de regreti 54

Autre despence en pris faict de terriers 143

Summa in prédis factis : 2,138 liv.

Autre despence en repparaclons au martinet de Cosne. . . 24 liv.

• Il y a entre ce total et le détail qui précède une différence de 1 96 livres qui existe aussi dans le compte.

Autres repparaciona au martinet de Bruycieu 17

— d° duVernay 32

— — à la maison de Cosne 91 1

Autre despence en l'édlfflce d'une boucherie 22

Autre despence en labourage de champs 5

Summa reparacionum : 282 liv. 18 s. 9 d.

Autre despençe en achat de mesnage et ustencilles. . . . 8 S Ht.

Autre despence commune, ordinaire et extraordinaire. . 8

Autre despence en menus voyages et chevauchées. ... 42 Autre despence à cause du grant ouvrage en la montaigne

du Vernay 282

Deniers payés par commandement de Jehan Dauvet. . . 1 ,081

Deniers payés à gens qui en doivent comptes 1,669

Deniers renduz et non recui 6,262

Despence commune pour la façon du présent compte. . . 32

Summa total is cjpcnse presentis compoli : 18,195 liv., et 617 quint. G9 lib. plumbi.

Debentur présent i commisse* 1642 liv. 15 s. G d., et débet 308 quint. 93 lib, plumbi.

24 février 1455.— Bail à ferme à Marinet Desfontaines : 1° Des mines d'argent et de plomb de la montagne de Pampilieu, avec tous les terriers, regrets et coupes, estans ès dictes mynes, et aux martinets d'icelles ensemble les dicts martinets et forges, et tous les garniments d'icelles de la dicte montagne, maisons, moulins et autres héritages appartenons et deppendans des dictes mynes, pour le temps de 6 ans, et sons l'enchère de deux iO*4 1/2 en ce compris le 10e du roy, tant de l'argent et plomb que de tous autres métaulx ;

2° Des mines d'argent et de plomb de Jos et Saint-Pierre La Palus, sous les enchères de deux 40» de tous métaux, desquels 2 10e*, l'un viendra franchement au roy et l'autre sera départi par commun entre le roy et les dicts Baronnats; et pour un 40* 1/2 de cuyvre et autres métaulx, dont l'un viendra franchement au roy, et le 1/2 sera parti par commun entre le roy et les dicts Barounatz, durant le temps de 10 ans.

(Suit Indication de sommes dues à divers ouvriers et manœuvres.)

17 octobre 1455.— Mandement à Pierre Gravier de faire bailler à ferme les mines de Pampilieu K Estimation de divers objets; inventaires.

1 II résulterait de ce mandement que Marinet Desfontaines avait abandonné son fermage au bout de très-peu de temps, et qu'il avait fallu pourvoir à son remplacement.

MAISON DE JACQUES CttX'tt

Après la cathédrale, la maison de Jacques Cœur est le

monument le plus célèbre de Bourges, celui que les habitants montrent avec le plus de plaisir et de fierté; c'est en effet un grand nom que celui de Jacques Cœur, et sa Tille natale doit, à juste titre, s'enorgueillir d'avoir conservé ce souvenir de cet homme extraordinaire. Jacques Cœur ne fut pas un parvenu; son mérite ne se borna pas à faire une immense fortune; tour à tour diplomate, ministre des finances, amiral, il se montra toujours digne des hautes fonctions qui lui étaient confiées, il fut en quelque sorte le représentant de l'émancipation de la bourgeoisie.

Aujourd'hui , l'hôtel de Jacques Cœur, après avoir passé en différentes mains, est devenu une propriété de la ville, et la Cour royale tient ses séances dans la maison d'un homme dont le nom rappelle une éclatante injustice; cette destination a dénaturé presque complètement les dispositions intérieures de l'édifice ; jusqu'alors il avait peu souffert ; du moins les fortunes diverses qu'il avait éprouvées n'avaient point détruit son caractère original. Maintenant, au milieu d'aménagements nouveaux, on a peine à deviner la distribution primitive des appartements. Pour donner du jour aux salles d'audience, on a brisé les meneaux qui divisaient les fenêtres; des ouvertures nouvelles ont été percées sans aucun égard pour l'effet qu'elles devaient produire; ailleurs, pour s'agrandir, on a bouché des arcades; c'est

1 Notes d'un voyage en Auvergne; extrait d'un rapport adressé à M. le ministre de l'intérieur, en 1838, par M. P. Mérimée.

ainsi que la galerie qui environnait la cour intérieure s'est transformée en une suite de chambres pour les huissiers, les greffiers et autres gens de justice. Ce n'est pas tout, le besoin de place a forcé de diviser plusieurs hautes salles par des planchers de refend, ou bien d'une grande chambre on a fait quatre cabinets. Comment retrouver aujourd'hui ces vastes salles morcelées de la sorte? Enfin, et c'est ce qu'il y a de plus déplorable, toute l'ornementation intérieure a disparu par suite de ces tristes changements ; adieu les lambris, les corniches, les sculptures qui couvraient les parois ; on n'a pas môme épargné les vastes cheminées, dont une surtout (celle de la salle à manger) était célèbre pour la richesse des bas-reliefs qui la décoraient.

L'apparence extérieure de l'hôtel a moins changé; on devine pourtant tout ce que ces moulures flamboyantes, si fragiles, ont dû souffrir des injures du temps et de la négligence des hommes; mais là, du moins, on n'a pas détruit à plaisir, et l'on comprend qu'avec de l'argent et du soin on pourrait tout restaurer; il ne s'agirait en effet que de remplacer des pierres vermoulues, boucher des crevasses, sculpter des portions de moulures endommagées; nulle parti on ne serait réduit à tout refaire à neuf et sans modèle, comme ce serait le cas si l'on essayait de restaurer l'intérieur du palais.

L'hôtel de Jacques Cœur fut bâti vers la décadence de l'architecture gothique, lorsqu'elle avait perdu le secret de ces constructions grandioses et hardies qui signalèrent ses débuts; pour racheter ses défauts, elle n'avait alors que la grâce et, si je puis m'exprimer ainsi, la coquetterie de ses détails. Or aujourd'hui, par la destruction de la décoration intérieure, la plus grande partie de ce mérite est perdue; ma tâche sera courte pour indiquer les parties qui existent encore.

Le plan est d'une extrême irrégularité. J'ai déjà dit plus haut qu'une partie de l'hôtel était bâtie sur d'anciennes fortifications romaines ; c'est le corps de bâtiment donnant sur la place de Berry ; de ce côté, la façade se compose de trois tours inégale-

ment espacées, différentes de hauteur et de forme, toutes presque entièrement nues; une seule se distingue par un balcon dont la balustrade est ornée; l'apparence de cette façade est toute militaire. Au contraire, la façade opposée qui donne sur la rue Jacques-Cœur n'a rien de féodal, et n'annonce qu'une grande et opulente maison; elle se compose d'un pavillon flanqué d'une petite tourelle fort ornée de clochetons et de moulures flamboyantes, et, à droite et à gauche, de deux corps de bâtiment d'un seul étage, dont toute la décoration consiste dans les ornements capricieux des chambranles et des balustrades qui garnissent les fenêtres celles-ci sont irrégulièrement espacées, et Von n'en trouverait pas, je crois, deux du même diamètre.

Le pavillon central renferme une petite chapelle très-ornée, dont la voûte surtout est couverte de fresques d'une admirable exécution, et qui représentent des anges en robes blanches sur un fond bleu semé d'étoiles d'or. Ils tiennent une grande banderole qui se contourne en mille replis, et sur laquelle sont tracées des inscriptions tirées des livres saints. A un dessin toujours correct, souvent d'une pureté singulière, l'artiste a su joindre une si grande variété de types et d'expressions, qu'on serait tenté de prendre cette multitude de têtes pour autant de portraits de beaux enfants. Si cette vonte a été peinte du temps de Jacques Cœur, je ne doute pas qu'il n'en ait confié l'exécution à des artistes italiens, qui peut-être se seront servis des cartons des grands maîtres. A mon avis , cette chapelle seule est un monument admirable, et l'on ne peut trop déplorer le peu de soins qu'on a mis à la conserver. Aujourd'hui , elle est coupée horizontalement par un plancher moderne, et la division supérieure servant de grenier est encombrée de vieilles pape-

1 Entre la tourelle et le pavillon, la balustrade d'un balcon évidée à jour offre la devise des barons de Saint-Far g eau, adoptée par Jacques Cœur, qui était bien digne de la porter : A vaillans coeurs biens impossible. Les lettres, curieusement ornées, sont découpées avec une merveilleuse Onesse. (Note de M. Mérimée.)

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