FLORENCE
les Florentins joignirent la banque et le change où on les accusait, au surplus, de réaliser des bénéfices exagérés. Bientôt, il n'y eut plus en Italie, en Espagne, en Portugal, en France, en Angleterre, en Flandre, une place où les commerçants de Florence n'eussent des comptoirs. A l'exemple de Venise, des expéditions florentines sillonnèrent tous les ans la Méditerranée, la Mer-Noire et l'Océan. On vient de voir la description un peu pompeuse, mais fidèle sans doute, des ressources commerciales et manufacturières de Venise. D'après un auteur florentin du quinzième siècle, les lainages et draperies de Florence l'emportaient pourtant de beaucoup sur les produits similaires de Venise. « On sait cela, ajoutait-il, à la cour de Rome, à celle « de Naples, en Sicile, à Constantinople, a Pcra, a Scio, à « Bursa1, à Gallipoli, à Salonique, à Andrinople et partout « où les Florentins envoient leurs draps, ont des banques, « des factoreries, et des consulats. Quant aux soieries et « aux brocarts d'or et d'argent, nous en faisons et en ferons « toujours plus que votre Venise, Gênes et Lucques ence semble. Demandez-le à vos marchands qui fréquentent «Marseille, Avignon, Lyon, Genève, Bruges, Anvers et «Londres; partout ils trouvent de fortes banques, des « bourses magnifiques, des négociants respectables, des « fondes2, des églises et des consulats appartenant aux Florentins. Informez-vous des banques des Médicis, des
1 Brousse, ville d'Anatolie, à vingt-quatre lieues de Constantinople et à huit lieues de Moudanié (mer de Marmara), qui lui sert de port. Dès la plus haute antiquité, Brousse a été le siège d'un grand commerce. Sa population actuelle est de près de cent mille âmes. Celte ville est encore renommée par ses fabriques d'étoffes de soie, ses toiles et ses tapis.
* Dépôt public de marchandises, douane, magasin. (Glossaire de la langue romane, de Roquefort.)