LE COMMERCE DE MARSEILLE
redevenue de nos jours, une ville industrielle; mais, les expéditions maritimes s'arrêtant, tout souffrait à la fois. Dès le treizième siècle, elle fabriquait des armes d'après les procédés de l'Orient, et, comme à Venise, une rue entière, celle des Fabres, était le siège de cette industrie. On y faisait aussi des draps, des bonnets, et ses savonneries étaient renommées. Les marchandises qui donnaient lieu aux transactions les plus nombreuses étaient, indépendamment des armes, des draps et des savons, les soieries, les pelleteries, les épices et la cire dont l'usage, considérable alors, attestait l'abandon où était tombée la culture de l'olivier. Loin de partager les funestes préjugés des Français contre le commerce, les sujets les plus nobles des comtes de Provence, ne dédaignaient pas de se mêler de trafic. Les chefs de plusieurs grandes familles locales, les Montolieu, les Candole prenaient la qualité de noble et marchand, nobilis et mercator. Vers 1460, l'un des principaux facteurs de Jacques Cœur, Jean de Village, son neveu, qui avait, ou le verra plus loin, fondé à Marseille un grand établissement commercial où il s'était enrichi, était, en même temps que négociant, seigneur de Lançon eu Provence, viguier de Marseille, capitaine général de la mer,
evo, p. 534) que le taux de l'argent était, à Vérone, en 1228, de douze et demi pour cent, à Modène, en 1270, et à Florence, en 1430, de vingt pour cent. Enfin en Normandie, dans les treizième et quatorzième siècles, le* peUls placements se faisaient au taux moyen de dix pour cent. Au commencement du treizième siècle, le seigneur de Satnt- Marcouf prélevait, tous les ans, à la Saint-Michel, sur les produits du manoir, une certaine somme qu'il partageait entre plusieurs de ses tenanciers, lesquels devaient la lui rendre, grossie d'un Uers, au bout de l'année. C'était une banque agricole à plus de trente-trois pour cent. L'évèquc de Coutances la (Il fermer en 1221, sous peine d'excommunioaUon. ( Éludes sur la condition de la clauc agricole en Normandie au moyen âge, par M. Léopold Delisle, p. 212.)