PRIVILÈGES COMMERCIAUX DE MONTPELLIER
Roucrgue, l'Auvergne, vendaient leurs draps aux Vénitiens, aux Florentins, aux Génois. La ville de Montpellier jouissait encore de deux privilèges considérables. En 1254, saint Louis l'avait dotée d'un tribunal du Petit scel, dont la juridiction s'étendait à tout le royaume et môme à l'étranger. La justice de ce tribunal étant aussi plus prompte et moins dispendieuse que celle des établissements ordinaires, on se figure les avantages qu'y trouvait le commerce auquel la lenteur des procédures est particulièrement nuisible. L'autre privilège consistait dans la faculté que le pape Urbain V avait, en 4367, accordée à la ville de Montpellier de commercer, sans encourir les censures ecclésiastiques, avec les Sarrasins, à Alexandrie et dans les autres ports soumis à la domination du Soudan. Urbain V avait déclaré d'ailleurs qu'il « n'accordoit cette permission que « pour un seul navire, chaque année, sur les six apparte- « nant à la ville de Montpellier , et sous la condition « expresse qu'il n'y seroit chargé de marchandises que des « seuls habitants de cette ville et qu'il ne porteroit aux in- « fidèles ni armes, ni fer, ni bois pour la construction des « vaisseaux, ni en général rien qui fut capable de nuire au « bien et à l'avantage de la chrétienté '. »
Tandis que les documents du temps font connaître quelle était, au quinzième siècle, la population de Venise et de Florence, aucune indication de ce genre ne nous a été laissée sur celle de Marseille, de Montpellier ni môme de Paris au moyen âge. Les historiens locaux constatent que déjà, au douzième siècle, Montpellier était appelée la populeuse, t Toute la ville, disait Froissart environ deux cents i « ans après, étoit de grande recouvrance pour le fait de la
1 Aslruc, Mémoire pour /' histoire naturelle du Lanijuedoc , p. 545.