DÉTRESSE FINANCIÈRE
queur bourguignon dit, dans le portrait dont on a vu des extraits : « Avoit ses jours de récréacion aussi avec femmes, a. par lesquelles il dévoya plus que assez et fut exemple de « grant mal et de grant playe en son temps. » De nombreux témoignages viendront plus tard s'ajouter à celui-là.
Dans un pays ravagé et appauvri comme l'était la France à ce moment, la pénurie à peu près constante du trésor dut être une des plus fréquentes inquiétudes de la royauté. Charles VII s'occupa toute sa vie de ses finances avec un soin particulier. Non-seulement il signait de sa main les rôles des receveurs généraux, mais encore il se faisait rendre compte de tout ce qui se rattachait à l'assiette et à la perception de l'impôt. On était loin des temps où, grâce à la sagesse et à la prévoyance de Charles V, dix-sept raillions de livres étaient tenues en réserve pour les événements. En 1422, Charles VII, encore dauphin, passa l'hiver à Bourges. Sa détresse était telle alors que le chapitre de Saint- Etienne, propriétaire de vastes étangs, lui fournit à crédit le poisson nécessaire pour sa table; et cette créance, qui s'éleva avec le temps à quatre mille livres parisis, n'était pas payée en 1435 l. C'est vraisemblablement dans les premières années de son régne que se passa le fait suivant raconté par un poète de la fin du quinzième siècle, et si souvent répété depuis :
Un jour que La Hire et Poton
Le veindrent veoir ; pour festoyement,
N'avoit qu'une queue de mouton
Et deux poulets tant seulement.
Las I cela est bien au rebours
De ces viandes délicieuses
» M. Raynal, Histoire dw Berry, t. ïll, p. 6.