‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 58 sur 327 · LECAMUS DE BEAULIEU · texte numérisé non relu

LECAMUS DE BEAULIEU

« Giac, il fut très-content. » Quant à la veuve du favori, elle épousa, t assez tost après, » le sire de La Trémouillc, qui, d'après ce que rapporte un autre chroniqueur, en eut plusieurs beaux enfants1.

Lecamus de Beaulieu, qui succéda à Pierre de Giac, ût une fin aussi tragique. En peu de temps, il trouva le moyen d'indisposer contre lui toute la cour. « Il gastoit tout ; ne « vouloit que homme approchast du Roy, et faisoit encore « pis que Giac. » Le connétable ne s'était point débarrassé de ce dernier, de la manière que Ton a vue, pour supporter patiemment les impertinences de son successeur. Trahi par un des siens, Lecamus de Beaulieu fut conduit à la promenade, près du château de Poitiers. Deux hommes du maréchal Py attendaient. « Ils lui donnèrent sur la teste tant « qu'ils la luy fendirent et luy coupèrent une main; de « sorte que plus il ne bougea, et s'en alla celuy qui l'avoit « amené, et ramena son mulet au cbasteau, là où estoit le « Roy qui le regardoit, et Dieu sçait s'il y eut beau « bruit a. »

Mais ce bruit dura peu. Il fallait un favori à Charles VII ; le connétable lui donna Georges de La Trémouillc, le même qui l'avait si bien secondé dans son expédition nocturne contre Giac, et qui avait épousé sa veuve. C'était, disait le connétable pour le faire accepter, un homme puissant et qui pourrait bien servir le roi. Cependant, Charles VII fit plus de difficultés qu'à l'ordinaire. « Vous me le baillez,

« Denys Godefroy, Histoire de Charles VII, p. 15, 374, 493 et 751. — On sait que celte histoire n'est autre chose que la collection des chroniques de divers auteurs contemporains, tels que Chartier, Berry, Mathieu du Coucy, etc., sur le règne de Charles VU.

» Guillaume de Gruel, Vie du connétable de Rie hemont, dans Godefroy, p. 751 et 7 52.

Page 1