MORT DE PIERRE DE G1AC
impôt, mais à condition qu'on « osteroit les pilleries, et non autrement, » le sire de Giac conseilla au roi de faire jeter maître Gomberel à la rivière, avec tous ceux qui avaient été de son opinion, conseil dont les courtisans eux-mêmes furent scandalisés. On racontait encore que pour se débarrasser de sa femme, ancienne maîtresse du duc Jean, il lui avait donné un breuvage empoisonné, l'avait prise en croupe et avait chevauché ainsi avec elle plus de quinze lieues. Elle morte, avec son enfant, car elle était grosse, il avait épousé la comtesse de Tonnerre dont il était amoureux. Les exactions et l'insolence du sire de Giac lui avaient attiré des ennemis puissants, en tête desquels figuraient le connétable de Richemont et la Trémouille. Ils résolurent sa mort. Une nuit de janvier, à Issoudun, ils pénétrèrent dans sa chambre, l'arrachèrent des bras de sa femme qui s'empressa, disent les chroniques, de satwer la vaisselle. Quant à lui, ils l'entraînèrent « sansestre vestu ni chaussé, « sinon d'un manteau et d'une botte, n II avoua qu'il avait vendu une de ses mains au diable, empoisonné sa première femme, enfin, tout ce qu'on voulut. Condamné à mourir par le bailli de Dun-le-Roi, dont le connétable était seigneur, le sire de Giac demanda grâce de la vie en proposant pour otages sa femme, ses enfants, ses places et cent mille écus d'or. — // aurait tout l'argent du monde, répondit le connétable, que je ne le laisserais pas aller , puisqu'il a mérité la mort. Le bourreau de Bourges fut chargé de mettre le favori de la veille dans un sac et de le jeter à la rivière, celle où Giac voulait faire noyer cet évôque malavisé qui prétendait empêcher les pilleries, et avec lui tous ceux qui étaient de cet avis. « Ne demandez pas si le roy a fut bien courroucé, dit un chroniqueur; mais dè*> qu'il « fut bien informé du gouvernement et de la vie dudit