LE CONNÉTABLE DE RICHEMONT
qu'ail leurs peut-être, cédait trop souvent à ses mauvais instincts, la France, grâce à la bravoure des uns, à la patiente habileté des autres et à la docilité avec laquelle Charles VII suivait les avis de ses ministres, se relevait peu à peu de l'extrême détresse où il l'avait trouvée à son avènement.
Plaçons (c'est de toute justice), à la tête des hommes qui contribuèrent le plus à ce résultat, ce connétable de Richemont, l'ennemi implacable des favoris qui s'enrichissaient de pillage, alors que les troupes qui disputaient pied à pied aux Anglais le sol de la patrie, attendaient en vain leur solde. Le connétable était frère du duc de Bretagne. Fait prisonnier à la bataille d'Azincourt, U y avait donné des preuves d'un courage qui ne se démentit jamais. Chef de l'armée, après le roi, il fixait les garnisons des places fortes et des châteaux, nommait les capitaines des gens d'armes et représentait le roi, pour tout ce qui concernait la guerre, partout où celui-ci n'était pas présent. Le 6 septembre 1425, le connétable adressa de Poitiers une lettre à « ses très- « chers et bons amis les conseillers, bourgeois et habita n s « de Lyon, pour les prier d'aviser aux moyens d'aider munit seigneur le Roy à soutenir la guerre, et à résister aux en- <( treprises des Anglois ses ennemis, lesquels estoient en « grande puissance dans le pays du Maine *. » Toutes les
' Catalogue des lettres autographes de M, U baron de L. L. Paris, Cliaron. 1846. — Ou a aussi nue aimable lettre (inédite) du connétable à sa cousine, la comtesse de Saint- Pol et de Brienne. Nous la reproduisons textuellement :
« Très-chère et améc cousine, incontinent que mon amé et féal con- •• sellier et maistre d'ostel, Jehan de l.a Haye, estant par delà, m'a « fait scavoir la bonne obéissance que lui ave* fait faire, pour Mon- ■ seigneur le Roy, des places, chaste! et ville de Lucey, je me suis « 1rani«|K)rté pardever* mondit Seigneur pour lui en faire la relation