ANTOINE DE CHABANNES
pagnes de la Pucelle ; enfin, impatient du commandement, il se mit, avec La Hire, à la tête de quelques compagnies franches, et parcourut l'Artois, la Champagne, la Lorraine, la Bourgogne, pillant indistinctement Français et ennemis. « L'an 1437, dit un écrivain contemporain, il « mena en Cambresis et Haynaut une compagnie de Fran- « çois, lesquels on nommoit en commun langage les « escorebeurs, pour autant que toutes gens qui estoient « rencontrez d'eux estoient devestus de leurs babillemens « tout au net jusques à leur chemises *. » Mais Ghabannes ne perdit rien de sa faveur dans ces expéditions, et nous le retrouverons plus loin activement mêlé au procès de Jacques Cœur.
La figure la plus caractéristique et la plus curieuse à étudier dans ces temps de désordres où la royauté était obligée d'accepter de si étranges soutiens, est sans contredit celle de La Hire. D'où descendait-il? dans quel pays et à quelle époque était-il né ? Rien ne l'apprend. On sait seulement qu'il était d'origine gasconne. En 1418, après la surprise de la ville de Couci, livrée à l'ennemi par la trahison d'une chambrière, La Hire est nommé capitaine par un certain nombre d'hommes, et depuis ce moment jusqu'à sa mort, la terreur qu'inspire son nom augmente toujours. « Si Dieu le Pére se faisoit gendarme, disait La Hire » pour se justifier, il deviendrait pillard. » Cependant, ce même pillard croyait en Dieu. En 1427, à Montargis, il avisa un passage par où il lui sembla qu'on pourrait entrer dans le camp des Anglais. L'entreprise était périlleuse. Un chapelain était là ; La Hire lui avoua qu'il avait fait tout ce
i SébasUen Monerot {Chroniques de), dites dans les OEuvres d'Alain Charrier, édition de Duchesne, annotations, p. 833.