ET JEANNE DARC
• dit Jeanne Darc, voicy un bon peuple et dévot, et quand n je devray mourir, je voudrois bien que ce fust en ce « pays. — Jeanne, lui demanda Dunois, savez-vous quand « vous mourrez et en quel lieu ? » Elle répondit qu'elle ne savait et que c'était à la volonté de Dieu. — a Je vou- « drois qu'il plust à Dieu, mon créateur, ajouta-t-elle, de o me laisser partir à cette heure et délaisser les armes pour « aller servir mon père et ma mère et garder leurs brebis « avec ma sœur et mes frères qui seroient si joyeulx de me a voir. » En l'entendant parler ainsi, en voyant ses yeux levés vers le ciel et remerciant Dieu, Dunois et le chancelier crurent plus que jamais, dit un chroniqueur, que cestoit chose venue de la part de Dieu plustost qu'autrement \ Heureux dans la plupart des batailles où il se trouva , employé dans toutes les grandes négociations de l'époque, le bâtard d'Orléans mérite de figurer en première ligne parmi ceux qui contribuèrent le plus à la délivrance de la France.
Dans un rang inférieur, les trois Chabannes, Etienne Vignolles, dit La Hire, et Poton de Xaintrailles, secondaient vaillamment Charles VII comme hommes d'action. La famille de Chabannes a traversé, non sans éclat, les règnes de Charles VII et de Louis XI. L'un des trois frères, Etienne de Chabannes, était mort capitaine de gens d'armes, en H23, à la bataille de Crevant. Jacques de Chabannes, sénéchal du Bourbonnais, puis grand maître d'hôtel de France, mourut de la peste en 1452. Antoine, le plus célèbre des trois, avait d'abord été page de La Hire. Plus tard, il se distingua au siège d'Orléans et dans les cam-
1 Procég de Jeanne d'Arc, déposition de Dunois, t. III, p. 14 ; — Chronique anonyme dite de ta Pucellc, dans Godefroy, lor. cit., p. 509. StO et 525.