‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 82 sur 327 · LES MONNAIES SOUS CHARLES VII · texte numérisé non relu

LES MONNAIES SOUS CHARLES VII

n'étaient pas moins fâcheuses pour les pays qui reconnaissaient la domination de Charles VII, a cause des brusques secousses qu'elles imprimaient à la valeur de toutes choses et de l'incertitude des fortunes. Le public d'ailleurs avait, depuis longtemps, pris l'habitude de stipuler généralement en marcs d'or ou d'argent dans tous les contrats comportant soit une constitution de rente, soit un remboursement. Ainsi l'on ne prétait pas mille livres, mais tant de marcs d'or ou d'argent remboursables en nature1. Frappé de ces abus, Charles VII s'empressa, dès l'année môme de son avènement, de proportionner la valeur nominale des monnaies à leur valeur intrinsèque. Il en résulta que quelques pièces d'or furent réduites au quarantième de la valeur qui leur était attribuée par les ordonnances. Si, plus tard, dans quelques circonstances critiques, il se trouva obligé d'élever encore le prix des monnaies, ces augmentations furent momentanées et n'eurent, relativement aux précédentes, qu'une très-faible importance. Il ferma en outre un certain nombre d'ateliers de monnaies où, profitant du désordre des guerres, divers seigneurs avaient fait fabriquer des pièces d'or et d'argent, à son nom et à ses armes, de la môme forme que les siennes, mais de moindre valeur.

Jacques Cœur^avait vu de trop près les funestes effets de l'altération des monnaies sur le commerce pour ne pas encourager Charles VII à persister dans le nouveau système. « C'est lui , dit un historien des plus compétents, « qui rétablit en quelque façon les monnoies, en les fai- « sant fabriquer sur le fin*. » A peine nommé maître

1 Secousse, prérace du t. 111 des Ordonnances des rois de France, citée par Leber, dans son Essai sur la fortune privée au moyen Agé, p. 331.

* Le Blanc, toc, cit., p. 300.

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