‹ Jacques Cœur et Charles VII; l'administration, les finances, l'industrie, le commerce, les lettres et les arts au XVe siècle; étude historique précédée d'une notice sur la valeur des anciennes monnaies françaisesChapitre 81 sur 327 · LES MONNAIES ANGLAISES ET LE8 MONNAIES FRANÇAISES · texte numérisé non relu

LES MONNAIES ANGLAISES ET LE8 MONNAIES FRANÇAISES

Durant l'espace de quatorze ans qu'ils occupèrent Paris, les Anglais avaient fait frapper diverses monnaies d'un titre élevé, dans l'espoir de décréditer ainsi celles de Charles VII, qui réduit aux expédients, fut, en effet, obligé de donner aux siennes, du moins pendant plusieurs années, une valeur fictive bien supérieure à celle des métaux employés1. Cette différence dans la valeur des monnaies d'un pays où, malgré la guerre, les intérêts du nord et du midi étaient si étroitement liés, tournait néanmoins contre les Anglais, dont les monnaies étaient incessamment transportées à Bourges pour y être refondues. Cela donnait donc lieu à un commerce très-lucratif, mais ruineux pour le gouvernement de Henri VI, qui cherchait vainement à l'empêcher, accusant Charles VII de fraudes, mauvesties et déceptions dans le but d'attirer à luy les monnoies du véritable roy de France en fabriquant des gros et des deniers de moindre poids et aloy. Enfin, les Anglais décrièrent, comme on disait alors, ses monnaies, et en proscrivirent la circulation sur toutes les parties du territoire qui leur appartenaient, non par principe, mais en se réglant uniquement sur leur intérêt, car, à Rouen, où probablement cet intérêt n'était pas le môme, ils altérèrent tellement les monnaies que la livre tournois tomba pendant quelque temps de vingtcinq à quatre sous *.

Ces variations incessantes dans la valeur des monnaies

1 On en jugera par les faits suivants. Le marc d'or, qui était payé 320 livres aux hôtels des monnaies, représentait une valeur monétaire de 2,847 livres. Cela constituait donc, au profit du roi, un bénéfice de 2,S*7 livres sur lo marc d'or. Le bénéfice était do 270 livres sur le marc d'argent.

* M. A. Ghéruel, Histoire de Rouen tout la domination anglaise au quinzième siècle, p. 82.

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