FRANÇOISE
Oui, madame.
8 JACQUES DAMOUB.
FÉLICIE, à Pauline.
Toi, Pauline, je te défends de jouer avec les gamins. Tu m'entends?
SAGNARU.
Tiens ! il y a encore des amnistiés revenus
d'hier... (Parcourant l'alinéa du journal.) Trois cents...
Ils ont subi une tempête, au départ de Nouméa..., et leur bateau a failli couler à fond. (Lâchant le journal.) C'est ça qui n'aurait pas été de la chance, par exemple !... Hein? Félicie, les pauvres diables!,., au moment de revoir le pays !
FÉLICIE
En effet.
PAULINE, tendant la joue à sa mère.
Adieu, maman. (Félicie l'embrasse.)
PAULINE, près de la porte.
Bonsoir, mon papa.
SAGNAHD, qui a repris sa lecture.
Comment ! on n'embrasse plus son père, avant de s'en aller ?
PAULINE
Mais si... C'était pour rire. (Elle court vers lui.)
SAGNARD.
A la bonne heure. (Il la prend dans ses bras et la balance.) Houp là !... houplà! mademoiselle. PAULINE, bas à Sagnard.
Donne-moi deux sous.
SAGNARD, bas aussi, riant et cessant de la balancer. Deux sous ! pourquoi faire ?
PAULINE, toujours bas.
Pour acheter une balle.
SAGNARD, la déposant à terre.
Pour acheter une balle?... Hum î (n feint de se
cacher de Félicie, fouille dans sa poche, y prend deux sous et
les lui donne.) Ma foi, puisque la maman ne regarde pas..., voilà !
PAULINE
Merci, papa. Viens-tu, Françoise? (Elle sort avec
Françoise.)
FÉLICIE, de la porte.
Prenez garde aux voitures.