Tourreil (1721), t. I, p. x
que l'orateur remporta dans cette conjoncture brillante ; ils parlent sur la foi de ceux qui, après la mort de l'académicien^ prononcèrent son éloge au sein de la docte Assemblée : le 29 décembre 1714, l'abbé Fleurv rappela « qu'il fit paraître la
fécondité de son esprit par trente-deux compliments tous
convenables et tous différents les uns des autres, prononcés avec une liberté et une grâce merveilleuse » ' ; le même jour, Rolland-Malet, successeur deTourreilau fauteuil académique, déclara que son éloquence, comme un torrent, parut se déborder avec autant de rapidité que de noblesse, quelle porta dans l'esprit de ses auditeurs tant d'admiration, qu'ils furent eux-mêmes embarrassés à distinguer laquelle de ces harangues répondait le mieux à la majesté des personnes qui l'écoutaient, à la réputation de l'orateur, ou à la dignité du Corps dont il était la voix '-. » Nous croirons volontiers avec Massieu que « ce jour fut le plus beau de sa vie 'K »
Le 31 janvier 1704 il remplissait encore les fonctions de directeur, et il avait • à répondre à un récipiendaire de haute marque, l'évêqvie de Strasbourg, plus tard cardinal de Rohan, dont l'élection s'était faite dans des circonstances particulièrement délicates, h' Histoire de V Académie Française de Pellisson et d'Olivet rapporte ce fait, mais en commettant une erreur que rectifie M. Paul Mesnard : « Tout Paris a connu l'abbé de Chaulieu, homme d'un commerce aimable, et dont les poésies sont ingénieuses, faciles, originales, à la morale près qui est celle d'Epicure. Il se mit en tête d'être de l'Académie, et il engagea feu M. le duc à solliciter en sa faveur. Par où il avait déplu à M. de Tourreil, c'est ce que je ne sais point ; mais le fait est que M. de Tourreil, alors Directeur de l'Académie, voulant anéantir la brigue de l'abbé de Chaulieu, le propre jour de l'élection, déclara que M. le président de