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BIOGRAPHIE o7
diction qui se trouve entre les maximes et la conduite de quelques philosophes prétendus, qui faisant gloire d'avoir toujours nourri leur raison de lectures solides, et qui louant éternellement dans leurs écrits la frugalité et les autres vertus qu'elle mène à sa suite, ne sont pas moins attachés à toutes les douceurs de la vie, que ces riches voluptueux qui n'ont jamais étudié que la science d'acquérir, ni médité que sur le raffinement de la bonne chère et du luxe '. » Massieu toutefois ne s'en tient pas à cette explication, suffisante pour le moins, puisqu'elle est tout à l'honneur de celui qui en est l'objet : une si rare conduite, si elle n'est point imputable à quelque originalité de caractère, ne pouvait-elle pas paraître aux veux du monde comme l'effet dune sordide économie ? Massieu a peint le sage à la manière antique, qui fait taire ses désirs et ses passions, qvii vit de peu, qui cherche le bonheur dans l'étude ; il présentera maintenant le chrétien, qui n'estime l'argent que comme un instrument de la charité. A part les dépenses qu'il faisait volontiers pour enrichir sa bibliothèque (( des meilleurs livres et des éditions les plus correctes » -, Tourreil ouvrait sa bourse à quiconque faisait appel à sa libéralité. « Pour trouver une ressource dans sa générosité, il ne fallait point être de ses amis, il suffisait d'être dans le besoin. Son inclination bienfaisante lui faisait même négliger les précautions que la prudence autorise en pareil cas; et j'ai plusieurs fois été témoin, qu'il prêtait dans des occasions, où il savait, à n'en pouvoir douter, que c'était en pure perte. Une autre marque, qu'il n'était rien moins qu'avare, c'est que jamais aucun maître, quelque opulent qu'il ait été, n'a payé plus régulièrement, ni plus magnifiquement récompensé ses domestiques '^ » Gomme de Boze et Massieu, Rolland-Malet a célébré hautement les vertus de Tourreil, « àme droite et