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son choix ; Tourreil, attaché corps et âme à Démosthène, lui consacrait la majeure part de son temps; il trouvait en lui un ami qu'il pouvait interroger et analyser à son loisir, qu'il ne quittait qu'à reg-ret et pour céder à des obligations passagères, qui lui donnait enfin les joies douces et sans mélange que l'esprit, en évoquant les traits d'un génie disparu, goûte comme un délice dans le silence du cabinet, loin du bruit, loin des indiscrets, loin des banalités et des bassesses de la vie. {< Autant qu'il avait d'ardeur pour le travail, autant avait-il d'indifférence pour tout ce qui s'appelle plaisir. Le jeu, la promenade, les spectacles et tous ces autres amusements, qui ont de si grands charmes pour la plupart des hommes, ne le touchaient nullement. Insensible aux attraits de la volupté, il en triomphait, sans avoir même le mérite de combattre. On aura de la peine à croire jusqu'où il poussait la sobriété. Il ne vivait le plus souvent que de légumes et de fruits et connaissait peu l'usage du vin : semblable encore par cet endroit à Démosthène, que ses ennemis, comme 1 on sait, avaient surnommé le buveur d'eau... 11 s'habillait d'une manière simple et unie; ses livres faisaient presque tous ses meubles '. » Et quoique sa fortune se fût accrue dans ses dernières années, il ne changea rien à sa manière de vivre. Cette existence réglée, sobre et sévère, était celle d'un sage, et, comme elle pourrait nous surprendre en un siècle qui ne pratiquait guère ces vertus stoïciennes, Massieu, de peur sans doute qu'on ne se méprenne sur le caractère et les véritables sentiments de Tourreil, juge bon de faire remarquer que « ce n'était pas seulement par goût », mais que « c'était aussi par principe qu'il se réduisait au seul nécessaire et se refusait tout le superflu... - » « Il comptait la modération entre les devoirs des gens de lettres, et il la regardait comme une des principales bienséances de leur état. Rien ne lui paraissait plus ridicule, que la contra-