SCENE II
MARTHE, seule,
Elle redescend et tombe sur la chaise qui est à droite de la tahle, comme abêtie.
Allons! c'est la fin, il ne nous manquait plus que ça .' Deux cents francs! Mon homme, un voleur! Oh ! C'est qu'il n'y a pas à dire, il n'y a plus rien à vendre ici. (Se levant.) Il faut pourtant que je le sauve. Car il a raison, Jacques, c'est un peu de ma faute tout ce qui arrive. Si je n'avais pas tué notre enfant, avant qu'il ne vienne au. monde, Jacques ne se serait pas mis à boire, et s'il n'avait pas bu f... Tant pis, j'ai bien fait. Oui, je l'ai tué, Jacques, et personne n'a rien à dire ; une femme a toujours le droit de tomber n'est-ce pas? Je l'ai tué, parce que je ne voulais pas même te laisser voir un enfant qui n'était pas le tien!... Oh! ce Briard ! toujours lui ! Il sait se venger celui-là. Enfin, il ne s'agit pas de perdre la tête, je n'ai pas trop de temps... Voyons, voyons, qu'est-ce que je peux faire ?.. Où vais-je aller d'abord ? (Elle va au fond a droite
vers le buffet, enlève son tablier qu'elle pose sur le buffet et va pour jeter sur ses épaules le fichu de laine qui est accroche au porte-manteau).