II, 124, V
maître, que raînour a rendu Fantasque el exigeant; tout le jour, les ordres se succèdent :
Guillaume, vien cy me pigner,
Toy, va-len chez le cuisinier,
Toy, va-ten chez le porte-chappe,
Et toy, va-ten voir si ma cappe.
Mon grand saie, et mon viel pourpoinct,
Sont racoutrez à mon apoinct'.
Aussi quand Marion lui propose déjouer un bon tour à sire Josse, Antoine accepte sans même demander de quoi il s'agit, après avoir philosophé sur les dangers du mariage*. Les deux conjurés trouveront un allié dans la personne de Julien, serviteur de Tavocat. L'avocat cependant se désole. Son cousin « le gentilhomme » lui parle raison sans succès; parle-t-on raison à un amoureux? et un Italien grotesque, «Messere Panlhaleone »,nous apprend qu'il se meurt, lui aussi, pour Madeleine, ignorante d'ailleurs de cette belle passion. Il en oublie pour elle une femme qu'il avait fait venir avec lui de Lyon, et qui du reste l'a quitté. Les rencontres de ce fantoche et de Julien amèneront des scènes réjouissantes : dès celle-ci, Grévin a tracé d'une main ferme la caricature.du miles gloriosus^ fanfaron et couard, fastueux en paroles, au demeurant famélique :
Vous le verrez tanlost vanter,
Tantost élever ses beaux faicts.
Et conter ceux qu*il a dcOaicts
A la prise d'un poulallier,
Et comme il sçait bien batailler
Quand il fault rompre un huys ouvert,
Ou bien un pasté descouvert
Pour y plonger sesr mains dedans.
Le vovez-vous curer ses dens,
Il a disné d'une salade.
Et au dessert d'une gambade^....