‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 103 sur 254 · II, 116, Y · texte numérisé non relu

II, 116, Y

le mariage qu'un « marché* ». De tels sentiments semblent un lieu commun, depuis Molière. A l'époque de Grévin, ils réveillaient le souvenir de discussions à peine closes. Il n'y avait pas si longtemps que le concile de Trente (en 1545), ému des plaintes justifiées par les abus de la pratique antérieure, ajoutait aux conditions de validité du mariage le consentement des parents, jusque-là inutile. L'Église ne se doutait guère que cette réforme allait avoir comme conséquence très indirecte de donner de l'importance au rôle des valets de comédie! « Dans les comédies qui suivirent celle de Jodelle, dit très justement Suard, si le mariage s'ensuit, ce n'est jamais qu'après que les amants ont si bien pris leurs précautions qu'il n'y a plus qu'à bénir leur union. Quand un jeune homme est embarrassé pour obtenir sa maîtresse, il se fait surprendre avec elle.... Il ne s'agit que de trouver un valet adroit* ». Marion, la lavandière matoise qui fut jadis au service de l'épouse de Josse, sermonne vainement ce vieux fou, qui, jusqu'alors

plus sale, Plus froissé qu'une vieille maie, Plus marmiteux et plus crotté',

s'est mis en tête de devenir élégant (notons ce point qui servira à l'action). Inutilement lui représente-t-elle son âge, car, penset-elle.

Il serviroit bien d'allumer

Un feu qu'il ne pourroit estaindre^.

Le vieillard sur ce point juge différemment :

Je ne suis pas si >ieil qu'on dict, Je ne suis qu*en fleur de mon aage'.

Ce n'est pas Antoine, le serviteur de Josse, qui défendra son

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