‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 11 sur 254 · Pasocier, Les Recherches de la France, VI · texte numérisé non relu

Pasocier, Les Recherches de la France, VI

2. E. Ghâsi^s, La Comédie en France au xti* siècle, p. 13; E. Faguet, La Tragédie française au x\\* siècle, p. 89; A. Darmesteter et A. IIatzfeld. Leiyi* siècle en France.,,. Paris, 1887, p. 156.

3. Journal chronologique du Théâtre françois, Bibliothèque nationale, manuscrits, fonds français, n* 9229, t. I, p. 141.

5. Les frères Parfaict, Histoire du Théâtre français, t. III, p. 511.

dit-on, du succès de la représentation de Jodelle, se hâtèrent de mettre au théâtre deux nouvelles œuvres de Grévin : la tragédie de César et la comédie des Esbahi$\ La réussite fut encore complète. Grévin, à l'âge de vingt ans, connaissait le succès le plus éclatant avec des essais d'un genre tout nouveau. Poète officiel, les diverses troupes d'acteurs se disputaient ses pièces, et il avait conquis la faveur du public avec des travaux qui ne tendaient à un autre but dans sa pensée que de le distraire d'occupations plus sérieuses ou qu'il jugeait plus sérieuses : au sortir du collège, il avait commencé l'étude de la médecine. Ces œuvres théâtrales, dont l'apparition marque une date importante dans l'histoire de notre littérature dramatique, avaient pour auteur un jeune étudiant. Investi vers 1556 du titre de maître es arts, qui était la sanction des études scolaires, et quelque chose^ d'analogue à notre baccalauréat es lettres, Grévin, dès cette époque, mena de front ses études médicales et la poésie.

En même temps qu'il travaillait après Jodelle, et avec plus de mérite que lui, à la fondation du théâtre régulier en France, Grévin, de 1558 à 1559, donnait successivement des poésies détachées ayant pour sujet des événements contemporains : en 1558, les Regretz de Charles d'Amtriche, sur Tabdication de Charles-Quint (il y joignait la Description du Beauvoisis et diverses pièces de vers) ; V Hymne au Dauphin y sur le mariage du dauphin François et de Marie Sluart; en 1559, le Chant de joie^ sur la paix de Cateau-Cambrésis. Les mariages princiers qui scellèrent celte paix lui inspirèrent une Pastorale, représentée en 1560; Nicolas Denisol, Etienne Jodelle et Jacques Grévin lui-même tenaient les rôles des bergers Collin, Tenot et Jaquet. D'après le

i. Journal du Théâtre français, 1. 1, p. 145-146.

Journal du Théâtre françoii, la Pastorale « ne fut pas goûtée* ». Elle rappelait des événements encore trop récents : Taccident survenu à Henri II et le mariage de sa sœur Marguerite célébré pendant son agonie, la veille de sa mort. I/auteur put se consoler de ce léger échec par le succès qu'obtint une reprise de César et

des Esbahis*.

Cependant il continuait ses études médicales, qui, dans sa pensée, occupaient la première place. Nous avons la chance de pouvoir le suivre à Técole de médecine, grâce à une source d'informations extrêmement précieuse, les Commentaires manuscrits de la Faculté de médecine de Paris, « incomparables annales, écrites de la main des cent quatre-vingt-quatorze doyens qui se sont succédé à la tête de la Compagnie et qui y ont relaté tous les actes importants de leur administration' » depuis 1395 jusqu'en 1786. C'est en 1560 que le nom de Grévin apparaît pour la première fois sur ce vénérable document. Il y est rapporté qu'en cette année, Jacques Grévin, du diocèse de Beauvais, maître es arts, a fait la preuve de ses quatre années d'études, probavit qudtnor annos sui $ludii\ Il fallait en effet, pour se voir admis aux examens de baccalauréat, être âgé de vingt-deux ans (or nous savons que Grévin naquit en 1538) et avoir accompli le temps d'études réglementaire ou tempus auditionis^ qui durait quatre ans". D'autres mentions nous apprennent que, dans le cours de l'année, Grévin a subi les épreuves du baccalauréat en méde-

cine',

Cette même année 1560, il faisait paraître chez Robert Estienne un livre de vers bien plus important que les poésies publiées par lui jusqu'à ce jour : VOlimpe de Jaques Grévin de Clermont en Beauvaisis. Ensemble les autres œuvres poétiques

\, Journal du Théâtre françois, p. 159.

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