A. CoRLiEUi op. cit,, p
6. Commentaires mss, de la Faculté, t. VII, fol. 39 ?* et 40.
dudict Auteur. Cette fois, le bachelier de vingt-deux ans s'est acquis au milieu des écrivains de son temps une place de premier ordre. Prôné, exalté par Ronsard, qui lui dispense les plus grands éloges, vanté par Du Bellay, par Remy Belleau, par d'autres encore,^la Pléiade salue en lui un astre nouveau. On dirait trop peu en disant qu'il est connu : il est célèbre.
Parmi les amis de Ronsard, il s'en trouva un, vers qui Grévin se sentit attiré, je pense, par la conformité de leurs goûts et de leurs études. Charles Estienne, troisième fils de Henri, le célèbre imprimeur, avait connu Ronsard lorsqu'ils faisaient partie tous deux de la suite emmenée par Lazare de Baïf, ambassadeur de France à la Diète de Spire (père d'Antoine de Baïf, le poète).
Etienne Médecin, qui bienparlant etoit*,
devint typographe habile, médecin accrédité et « savant encyclopédique* ». De plus, il avait traduit de l'italien la Comédie du Sacrifice ou les Abusés, et exposé, dans l'épître dédicatoire au dauphin (plus tard Henri H), des idées théoriques touchant l'imitation des anciens, idées qui ne restèrent pas sans influence sur la formation de la poétique théâtrale à cette époque. Médecin, érudit, imprimeur, promoteur éclairé des études dramatiques, j'allais oublier le meilleur titre de Charles Estienne à la considération de Grévin : il était père d'une fille, appelée Nicole,
Belle, Gentille, Honeste, Gracieuse, Fleur de seize ans'....
Grévin devint amoureux de Nicole Estienne. Leur première rencontre, ou la rencontre décisive, se fit à une de ces représentations de collège, alors si fréquentes, à laquelle Grévin prétait son concours comme acteur. Le dieu d'Amour, dit-il, « m'apperceut jouant sur un public Théâtre* ». Selon l'habitude des
i. Baïf, éd. M.-L., I, »,v. 31.
2. A.-A. Renouard, Annales de Vimprimerie des EsUenne,.,. Paris, 1845, p. 558.