Ibid., V
5. Cf. BaYp, éd. M.-L., II, 148; Du Bbllay, éd. M.-L., I, 310.
Ciel résonnant cette triste complaincle, Terre qui fcuz de sang si souvent taincte, En*^Ioutissez ceste vie esplouree^...
Celle courte péroraison, terminée par une prière à la pitié divine, emprunte à la nature du sujet quelque chose d'assez mélancolique. Du Bellay a écrit une poésie intitulée Les Tragiques Regrets de Charles F, empereur ^^ qui ne parut qu'après la mort de Fauteur, parmi ses œuvres inédites que publia Guillaume Aubert en 1573-74. Nous pouvons même conjecturer avec quelque vraisemblance la date de ces Tragiques Regrets. Il en existe une copie dans la curieuse collection des pièces manuscrites que nous a conservée Basse Desneux \ Par sa place dans le recueil, la poésie de Joachim appartiendrait à Tannée 1560. Yisiblement, il a voulu refaire le travail de Grévin : mêmes développements, même emploi du vers de dix syllabes. Si la facture est plus ferme que chez Grévin, les idées ont moins de grâce et d'abandon, et, par exemple, cet appel final aux dieux du paganisme rend moins touchante la conclusion du discours :
Dieux immortels qui tenez en vos mains
Tout le bonheur et malheur des humains...
Astres luysant sur les nativitez,
Et vous d*enfer les basses déitez,
Voyez la fin de ma grandeur esteincte,
Et de vos pleurs accompaignez ma plaincte*.
Le 24 avril 1558, on célébra à Notre-Dame, au milieu d'une grande pompe, le mariage du dauphin François et de Marie
i. RegrelZf v. 405-407. Cf., comme coïncidence curieuse, la conclusion du discours dans Musset :
terre ! reçois-moi ; car je te rends ma cendre. Je vins nu de ton sein; nu j*y vais redescendre.