‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 121 sur 254 · Regretz, v · texte numérisé non relu

Regretz, v

Ainsi fait l'empereur Charles « au recluz hermitage w, c'eslà-dire au monastère de Saint-Just. Il repasse sa vie. Ce qui cause ses regrets, c'est d'abord le remords qu'il éprouve pour les moyens déloyaux qu'il a mis plus d'une fois au service de sa politique, « mille bouccons et mille trahisons' »,et la félonie de sa conduite en mainte circonstance. Il s'accuse de son ambition. J'ai trop voulu, dit-il, « prendre du mien et d'autrui davantage '. » L'âge, la faligue, la désillusion ont vengé la France :

Prenez, François, ce tardif repentir

Pour tous les mauix que vous ay faict sentir^.

Mais ce qui désole surtout l'empereur, c'est le souvenir des défaites que lui a infligées le roi François, « l'Hercule François »,

Devant lequel sa plus grand* gloire fond Comme au soleil les neiges sur un mont*,

et le vieux monarque redoute que le roi Henri, « vangeur de ses ayeulx », ne fasse subir de nouveaux désastres à son fils, entre les mains de qui il semble craindre que le sceptre d'Espagne ne se trouve trop pesant. Metz a résisté. Renty a été fatal aux Impériaux. Vaincus à Saint-Quentin, les Français ont repris Calais, succès qui compense aux yeux de l'empereur la défaite de Montmorency et de Saint-André : et c'est bien ainsi, en effet, que l'opinion publique avait jugé en France les deux événements*. Pour finir, une invocation :

terre, ô ciel, recepvez ces douleurs, Terre arrousee au ruisseau de mes pleurs,

i. RegrelZf y. 28.

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