Hymne, v
Tous les dieux s'assemblèrent en cette journée. Ainsi doiventils faire encore, heureux de voir
Nostre règne embelli croistre de mieux en mieux, Et fleurir comme un lis dans Therbe verdoyante. Auprès de qui boullionne une source ondoyante ^
Grévin convie d'abord Saturne, père des dieux, et Jupiter « grand-maistre du bancquet », que Diane accompagnera. Mars viendra avec Bellone, dont la présence rehaussera l'éclat de la fête comme celle des dames dans un tournoi, quand les combattants échangent de terribles coups au bruit des fanfares, « le vent guidant le son à mi-chemin des cieux' ». Enfin sont convoqués le « harpeur Phébus » et les Muses, qui ne voudront plus d'autre séjour que la France. Grévin les salue de tous les titres qu'il puise dans son érudition. Ce passage archaïque ne semblerait-il pas emprunté à tel poète moderne, dont l'inspiration parnammne n'a pas craint le reproche d'archaïsme?
toy, divin troupeau, race de Jupiter, Filles de Terre et Ciel, déesses Thespiades, Nourrisses de tous artz. Chastes, Cytheriades, Aonides, les sœurs du Dieu tant honoré Pour estre Tœil des cieux, filles au crin dore, Princesses des diansons, Pymplees, Castalides, Libethrides, Doulceur, Dames, Hippocrenides, Venez toutes icy'....
Chaque Muse se voit invoquer à son tour, car de chacune Pelée apprendra quelque chose. En même temps, le poète appelle ces demi-divinités, compagnes des Muses :
Nymphes Dryades, Oreades des montz, et vous Amadryades...
Apportez les senteurs que le printemps ameine**
i. Hymne, v. 26-28.