Ibid., V. 533-534; v
On pense bien que Grévin se garde d'oublier Vénus, qui aura près d'elle Cupidon, lascif « comme un poullain folet » (dont il décrit les ébats avec une verve naïve), et les Irois Grâces. Que Vénus dispense ses faveurs à Tépouse. « Elle est Royne des eaux dont tu as prins naissance' », s'écrie le poète dans un vers dont la pompe fait penser au vers célèbre de Racine : « Souveraine des mers qui vous doivent porter* ». Enfin Mercure fournit l'occasion d'un développement géographique.
Il s'en faut que cette énumération mythologique, qui remplit la première partie de l'hymne, semble fastidieuse. D'abord on y rencontre d'intéressantes digressions : des allusions aux événements de la guerre récente*, à la protection accordée aux lettres par le roi et par sa sœur, la princesse Marguerite, appelée, bien entendu, Pallas*; à la découverte de l'Amérique*, à la puissance du souverain d'Abyssinie et à son attachement à la foi chrétienne*. Puis, Grévin nous donne des indications sur ses amitiés et ses préférences littéraires. Il cite d'abord Ronsard :
L*un dans le Vandomois sanglotant son martyre, Apres avoir premier fredonné sur la lyre Les Odes costoyant la grâce du Thebîn ''....
puis Tahureau, Daurat, qu'il appelle, par un jeu de mot facile, « le Limosin duquel les vers sont d'or », enfin
Jodelle, du Bellay, Baïf, Tagault encor*, Le bien dire desquelz si doctement resonne Que leur bruit emplumé tous les autres étonne*.
Darthélemy Tagault, dont le nom survient en si bonne société, n'a
i. Hymne, v. 588.