‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 135 sur 254 · Ibid., V · texte numérisé non relu

Ibid., V

jusqu'à la dernière limite des concessions : il prête aux habitants du ciel le souci « de voir partout l'Église triomphante ». Il est vrai qu'il ne dit pas quelle Église, et Catherine avait donné des gages à tous les partis. Le titre seul de son prétendu travail (associant d'une façon d'ailleurs assez peu explicative l'Italie et la France, la Signoria et le Louvre) venait déjà d'un bon courtisan. Grévin prodigue la flatterie. Il ne se contente pas d'appeler Catherine ce une saincte déesse ». La finesse de la souveraine exigeait un encens moins grossier. Il vante en elle une supériorité intellectuelle que l'histoire ne songera pas à lui dénier :

• Vous... qui faites menteur Celuy qui des Grégeois fut le premier autbeur : Car assez vous monstrez que les femmes sçavantes Peuvent non seulement commander aux servantes, Et qu'aux hommes aussi n'appartient seulement Le conseil advisé et le commandement*.

On dirait qu'il cherche à lui plaire jusque dans son penchant pour les sciences occultes. L'élève de Ruggieri, la protectrice de Nostradamus, devait goûter ces métaphores astronomiques', ces allusions au présage des comètes' et à Tinfluencc des constellations sur la destinée des hommes et surtout sur celle des rois :

Pour eux le Ciel se meut, et les astres brillants Transmettent icy bas leurs rayons pétillants, Et des l'heure et le jour qu'ils prennent leur naissance Leur tombe sur le chef la divine influence^....

1. Proème, v. 35-40. Allusion h ce passage d'HoMÈBE, Odyss., I, v. 556-359.

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