Soit un lolal de plus de 1500 ters
4. Th. Bacbilet el Cu. Deiobrt, Diclionnahc des Leilret et Beaux-ArU.... Paris, mi. V* Villanelle.
dans ce genre. Cependant, sans remonter plus haut, un trouve une villanelle dans les Jeux Rustiques de J. Du Bellay, publiés en 1558). Le modèle de ces compositions légères que les poètes aimaient à semer dans leurs recueils de sonnets, c'est la fameuse pièce de Ronsard, à laquelle il lui a plu de donner le nom d'Ode : « Mignonne, allons voir si la rose\.. », pièce dont je relève, dans une chanson de Grévin, une assez froide imitation :
Allons, Belle, sous ce rosier, Allons, ma Toute-desiree, Allons voir si la Cytheree N*a rien cueilli depuis hier.
Pourquoy vous faites vous prier?
Ne vault-il pas mieux ce pendant Que le soleil n est point ardant Cueillir ceste belle jeunesse Qu'attendre une morne vieillesse*?
Grévin n'avait besoin d'imiter personne pour écrire d'une main légère une élégante et sobre protestation d'attachement amoureux (voir le passage : « Gomme l'eau qui toujours dégoûte'... ») ou une galanterie alerte et gracieuse :
Si quelque«fois je desrobbe un baiser, Vous m'appelez Importun, Mal-appris, D'avoir sur vous follement entrepris Le bien que j*oy d'un chascun tant priser.
Ha I vous voulez qu'en vous le demandant Je vive et meure à vos pieds, ce pendant Que vous rirez en me voyant débattre :
Et j'aime mieux vous en desrober quatre, Qu'estre pour un si long temps attendant*.
Même il emploie pour cette partie de son œuvre un style plus
i. Ronsard, éd. P. Bl., II, 117, v. M8.
formé, plus dépouillé que dans ses sonnets de toute rudesse ancienne, et qui fait pressentir ce que va devenir la langue. Voici des vers dont l'orthographe seule a vieilli :
Comment, Maistresse, vous fuyez, Et en fuyant vous tous riez, De la grand* faute que j*ay faite, Quand je n*ay mis tous mes efforts A vous porter à bras-de-corps Dedans ceste forest secrette.
Vrayment si je vous y retien.
Mauvaise, je m*asseure bien Qu à mon tour vous me verrez rire :
Car au plus espes des forests, Vous serez prise dans les rets Que vous tend un nouveau Satyre ^
Le défaut de cette poésie légère, c'est la trop grande liberté des idées et du langage. Dans ce genre secondaire, le souvenir du chaste amant de Laure ne gênait plus les hommes de la Renaissance; ils y déployaient sans retenue leur sensualité naturelle et ne déguisaient plus leur « amour pour les réalités. » Il suffit de citer ce passage, qui n'est pas le plus vif que Grévin ait écrit dans cet ordre d'idées' :
Appelez moy cruel, parjure, Poursuyvez moi d'une autre injure, Esgratignez tant que voudrez.
Ou bien, appelez vostre mère.
Menacez moy de vostre père, Pour tout cela rien ne ferez.
Encore moins par vos prières, Par vos mignardises premières, Par vos souspirs, ou par vos pleurs, Puisque je tiens vos mains croisées, li fault, il faut rendre appaisees Les estincelles dont je meurs.