‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 154 sur 254 · II, 503^ V · texte numérisé non relu

II, 503^ V

par l'efTort de son intelligence, le ooui-s naturel <le sa destinée, il faudrait h cet lioinme une santé de corps et d'esprit singulièrement robuste pour ne pas connaître des instants de déraillance, de regret en ce qui touche la Iranquillilé sacrifiée, de dédain en ce qui concerne la récompense acquise. C'est du moins là ce que nous pensons et trouvons raisonnable. Tel poète de nos jours, et non des moindres', n'a vu dans le génie même qu'un don sublime et fatal, condamnant l'hooime à ta solitude et à la tristesse. Mais au xvi* siècle, à cette époque d'enthousiasme et d'élan immodéré vers les conquêtes du savoir, on ne rencontre pas la confidence de ces moments d'accablement, et je relève dans Grévin l'eipression d'un sentiment assez rare de son temps pour mériter d'être note : la déteslation de la science, ennemie du repos et de la paîx du cœur. Dans le sonnet à Clermont, il y insiste. Près de la Bresche ou près de la Fontaine du Pied-du-Mont, il repasse sa vie, déjà remplie. Il a cru, il a renié, douté peut-être, lutté et souffert des nobles angoisses de la pensée. Et il se demande : à quoi bon?

Qu'aj-je pour tout-cela?uD rom peinent de teste, Un discours qui tousjours pour me fascher s'appreste, Et est par le passé le futur prédisant.

Plus heureux l'artisan, qui, de ce soin délivre*. Ne s'amuse long temps h feuilleter un livre.

Et ne s'esmeut sinon de ce qu'il voit présent'.

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