vers
- 2i6 regreELe l'âge d'or dont it trace le tableau avec complaisance :
L'advocat ne Tendoit au double ses escrits,
Encore moins fardoit sa langue babillarde
Pour sur le bien d'autru) mettre sa main pillarde.
Et d'un rusé moyen augmenter son bon-heur
l'ar le droict dcsguisé d'un pauvre laboureur.
Le juge droicturier à la face severe
Ne se laissoit domter par quelque humble prière :
Jamais le conseiller fidèle rapporteur
Ne prestoille proceï i un solliciteur.
Oui selon son désir adjouste quelque chose
Pour arrarher le droict d'une meilleure cause...
Le marclianl ne fardoit en rien sa marchandise'.
Mieux avisé, Ovide, dépeignant l'âge d'or, prenait soin de dire qu'il n'y avait pas de juges parce qu'on n'en avait pas besoin : et eraiit »ine judice tuti. Par l'eflet d'une sorte d'antliropomorpliismc d'un genre spécial, les poètes modernes ne peuvent pas se ligurer un état idrâl de la société sans magistrats et sans avocats ; ils les imaginent parfaits, voilà tout :
Les labeurs du commerce honnêtement Ileurissent; Pour d'austères devoirs les juges sont de feu ;
Les médecins toi^ours guérissent
Et les avocats parlent peu*.
Pluton cependant prend ombrage de cette tranquillité et de ce bonheur. II assemble ses sujets : Rhadamantc, Minos, Cbaron, les Furieset Cerbère. Discours de Pluton. L' « Urague », c'est-àdire le porte-queue (oô?i, âyw}, comme l'appelle l'auteur, qui se le représente sous la forme que la croyance populaire prétait au diable, fait à ces personnages une barangue dont le ton oratoire, le mouvement, le style vigoureux et bien frapj)é rappelle les meilleurs passages de César. C'est de la bonne rhétorique du