Casikui Oklaïiobe, Le ConteilUr Rapporteur, Prologue
XVI* siècle ; on dirait un fragment de poème épique. Les ombres vont maintenant aux Champs-Elysées sans passer par le Styx. Les puissances inférieures laisseront-elles Saturne triompher aux dépens de Pluton? Et qui voudrait désormais encenser les autels du dieu des Enfers?
Non, non, usons plustost de force et tyrannie, Que de voir plus ainsi ma puissance asservie : Soit par force ou fallace un ennemi batu.
Autant vault contre luy trahison que vertu ^
On délibère ensuite sur les moyens à employer. C'est le parti proposé par Rhadamante qui prévaut. Il consiste à envoyer sur la terre trois monstres, trois Furies évoquées du plus profond des Enfers : Cupidité, « chevauchant de travers une mule hideuse », Orgueil, qui se fait « présenter des couronnes et mitres », et la troisième enfin, en apparence moins redoutable, en réalité bien plus dangereuse : Fausse Religion. Grévin borne là son allégorie. C'est, dit-il, tout ce que w le danger des jours » lui permet d'écrire. Pour un écrivain calviniste s*adressant à un prélat catholique, il pouvait devenir délicat d'aller plus loin et de dépasser le cercle de ces brillantes généralités.
I/Élégie II a pour sujet « la naissance de Typosine, Déesse tutélaire de l'Imprimerie* ». IjCS divinités de la mythologie ne suffisaient pas à ces hommes de la Renaissance; ils en inventaient. Grévin développe cette idée : est-il vrai qu'on ait tout dit depuis qu'il y a des poètes? Non. Les âges modernes ont vu naître « une Muse nouvelle », fille du Temps comme Minerve était fille de Jupiter. Grévin voudrait qu'on lui dressât des autels, et il convie « les braves sonneurs », ses contemporains, à interrompre un instant leurs lamentations amoureuses pour chanter un si noble sujet. Âpres la deuxième partie de la Gélo-