Du Verdibr, V** Jean Sambucus
Grévin :
Bien que la nature des choses Soit dissemblable, toutefois Leur accordance tu cognob, Lorsqu* ensemble tu les composes.
T a-t-il choses plus contraires Que celles dont est composé L'antidot dont Ton a use Contre le venin des vipères?
Toutefois une médecine En est faite, qui a vertu De rendre un poison combattu Par sa force qui est divine *.
Sambucus (sous le titre : Res humanx in mmmo declhmnl)
In medio librat Phcebus dum lumina cœlo,
Dis$olvit radiiij quœ cecidere^ nives.
Cum res humanœ in summo stant, sœpe liquescynt :
El nihil œternum^ quod rapit atra dies, Niljuvat ingénies habilare palatia Reges,
Conditio miseros hase eadenique manet.
Mors œquat cunctos, opibus nec pareil in horaniy
Yerbaque dum wlilant, ocyus illa venil. Heu, leviter ventus pellil nos omnis inermes,
Concidimus citius quam levai aura rosas.
Grévin :
Lorsque Phèbus est au plus haut des Cieux,
La neige fond soubs son œil radieux;
Ainsi fortune, au plus haut advancee.
Sans y penser, est souvent renversée;
Et tout cela, que la mort peut dompter,
N'est suffisant pour toujours persister.
Bien que les Rois aux grands palais demeurent.
Si faut-il bien qu'à la parfin ils meurent.
i. Du Yerdier imprime a qui est battue »; erreur évidente.
La mort égale à chacun se conduit ; Un riche Roi, comme un pauvre» elle suit, Et vers chacun plus subit elle vole Que ne fait pas une viste parole.
A chaque vent nous nous sentons pousses, Et plus subit nous sommes renversés.
Qu'à la chaleur d'une grande lumière Ne se flétrit la rose journalière.
Adrien le Jeune, en latin Âdrianus Junius, s'appelait de son vrai nom De Jonghe. Ce savant hollandais (15H-1575) était, comme Sambucus, polygraphe et médecin. Après avoir habité l'Angleterre et le Danemark, il se retira à Harlem. Lorsque les Espagnols prirent celte ville en 1«573, on pilla sa bibliothèque, où il avait rassemblé les matériaux de divers ouvrages qu'il se disposait à publier. Le chagrin qu'il ressentit de cette perte le conduisit au tombeau. Bayle l'appelle « un des plus savants hommes de son siècle* », et Foppens, dressant la liste de ses ouvrages, dit de lui : « Quo noniine doctorum omnium admirationem laudemque meruiU atque ingenii tam varii variis editis monumentisj xtemam sibi memoriam comparamt*. » Plan tin imprima ses Emblemata en 1565 (il y eut par la suite d'autres éditions). C'est un volume semblable à celui de Sambucus, sauf que les Emblèmes sont beaucoup moins nombreux (58 sujets seulement), et que le commentaire placé au-dessous de la vignette consiste toujours dans un quatrain, dont l'auteur varie le mètre à chaque page. D'après MM. Ruelens et de Backer, Plantin aurait donné de la traduction de ces Emblèmes par Grévin diverses éditions, portant les dates de 1568, 1569 et 1575', D'autre part, j'ai sous les yeux l'exemplaire que possède la Bibliothèque nationale : il est de 1570. Le nom de l'auteur ne figure pas au titre. (Les Emblesmes de S. Adrian Le Jeune, Médecin et Historien des