RunaiHD, éd. P. BL, II
premiers à rimes diversement croisées, le dernier à rimes plates, suivant a, 6, a, 6 | c, d, rf, c | ^, e, /*, /*.
Comme l'Aurore brillante
Va de ses yeux csmaillant
La voulture brunissante
Du grand Palais sommeillant,
Ja tirant sa teste blonde
Et ses cheveux escartez
En mille et mille beautez
Dehors de la prochaine onde,
Ou comme on voit au soleil
Un beau bouton tout vermeil
S*eslargir en une rose
Hors de sa closture esclose^
L'épode en vers de même mètre (y, A, A, y, t, i, y, j). Grévin n'a pas emprunté cette forme à Ronsard.
16** ii son grand Conseil. — 17° 4 Robert Estienne. — Strophe de 10 vers heptasyllabes, soit deux quatrains à vers diversement croisés, séparés par un distique : a, b, a, 6 | c, c | (2, e, e, d.
Ainsi alloy-je suy vaut a
Mon désir à l'aventure, b
Quand il me vint au devant a
Une guide, qui m*assure b
De guider mes pas errans c
Et mes désirs esperans, c
Si j*alloy su y vaut sa routte ; d
Mais, hclas ! je fu deceu, e
Car je n*avois aperceu e
Que ce fol ne voyoit goutte'. d
On trouve dans Ronsard une strophe presque semblable : au lieu d'un distique, c'est un quatrain à rimes plates qui sépare
les deux quatrains à rimes croisées. Voir l'ode : « Qui renforcera ma vois\... )>
m. Licences. — Le reproche le plus grave qu'on puisse adresser à la versifîcation de Grévin, c'est de trahir trop souvent la hâte du travail poétique, par les négligences dont elle est semée. Ici on trouvera un vers faux, ailleurs une rime insuffisante. « Je souhaiterois seulement, dit Colletet, qu'il (Grévin) fust un peu plus curieux de l'observation de la rime et qu'il ne se donnast pas la liberté de rimer vaincus avec battus, heureux avec glorieux, ode avec corde, alarmes avec fiâmes, fortune avec Saturne, et ainsy des autres qui ne sont pas supportables. » Critique assurément méritée. Sans vouloir faire un tableau de toutes les rimes défectueuses de Grévin, voici, à titre d'exemple seulement, celles qu'on peut relever dans la première partie de VOlimpe (le reste de VOlimpe et touieh Gélodacrye présenteraient la même proportion ; les autres œuvres sont mieux rimées) : estoille, nouvelle; aime, victime; baise, noise; plaindre, moindre; autre, vostre; France, science; maistre, accroistre; moelles, aesles; Thébaine, divine; don, surnom; sein, faim; ambrosie, vie; foye, essaye. Il est probable que si l'auteur avait vécu, il aurait amélioré son œuvre dans le sens de la correction. Nous avons à cet égard une indication intéressante dans les variantes de l'exemplaire d'Anvers. Sur un point, Grévin s'y montre plus rigoureux que Ronsard lui-même. Ronsard ne faisait pas difficulté d'écrire, selon le besoin, elle ou elV devant une consonne. Grévin, dans la revision de son Théâtre, s'interdisait sévèrement cette apocope, et corrigeait partout où il était nécessaire pour la faire disparaître. Par exemple, ces deux vers :
Vienne quand ell* voudra, vienne la mort trencher Le long fil de mes ans, ell* ne me peult fascher',