Bàillbt, op, cit.f t. y, p
exil qui « l'esloigne du soleil » et le condamne à vivre en un désert. Dans ce voyage, il se serait trouvé le compagnon d'un homme dont il resta toujours Tami et le disciple très fidèle en poésie, Philippe Desportes. Comme Desportes, il combattit d'abord Henri lY dans les rangs de la Ligue. Un épisode de cette période de son existence a élé rapporté par Racan dans la vie de Malherbe ; le passage vaut qu'on le cite : ce Les actions les plus remarquables de sa -vie et dont je puis me souvenir, sont que, pendant la Ligue, luy (Malherbe) et un nommé de La Roque, qui faisoit joliment des verSt et qui est mort à la suifô de la reine Marguerite, poussèrent M. de Sully si violemment l'espace de deux ou trois licTios, qu'il en a toujours gardé du ressentiment contre Malherbe.... * » Comme Desportes encore, La Roque devint plus tard le partisan très dévoué du Béarnais. « A mon Roy souverain je rend obéissance », dit-il quelque part dans ses Œuvres Chres-tiennes. Sully même avait dû oublier toute rancune, si j'en juge par les vers (stances, odes et sonnets) que La Roque lui consacre. Ailleurs, le poète adresse ses hommages au Roi, au dauphin, à la reine Marguerite. Racan nous a appris que La Roque faisait partie, sur la fin de sa vie, de la maison de cette princesse, grande amie de Desportes. En lui dédiant ses œuvres, il lui avouait n'avoir étudié qu'en la conversation des doctes, « comme en la nourriture que j'ay prise, ajoutait-il, chez un Prince remply de sçavoir, de grâce et de mérite, qui jadis euiriionneur de vous appartenir du costé du père et de celuy de la vertu, qui durant ma plus grande jeunesse ma faict cognoistre la maison des Rois vos prédécesseurs, ou tout ainsi qu'Ulisse, qui n'eut que le monde pour livre, je n'ay eu que ceste Royal le court pour escoUe, à qui je dois les fruicts démon apprentissage. » Selon Goujet, La Roque par cette allusion désignerait Henri, légitimé de France, fils naturel de Henri H, qui fut Grand Prieur de France, Grand
i. Cf. TàLLEXANT DES RéAUx, Hiêlofiettes, éd. Paulin Paris et Monmerqué, t. I, p. 271.
Amiral, gouverneur de Provence, où La Roque, toujours (l'après Goujct, l'aurait suivi, el qui mourut en 1586, tué par le baron de Castellauc'. iMargumte témoigna la plus grande bienveillance à La Uoque ; un sonnet de celui-ci laisserait même croire qu'il était allé très loin, et qu'il n'aurait tenu qu'à lui d'aller plus loin encore, dans la faveur ou dans les faveurs de sa protectrice'. Simon-Guillaume de La Roque mourut en 1611 ^
Ce courtisan écrivain, cecavalier^ut faisait joliment des vert, publia successivement ses poésies, soit à Paris, soit à Rouen, en 1590, 1596, 1597, 1599 et 1602. Plus tard, il donna une édition défmitive, réunissant et complétant tout ce qui avait paru isolément, sous ce titre : Les Œuvres du sieur de La Roque de Clairmont en Beauvoisis. Revues, et augmentées de plusieurs Poésies outre les précédentes Impressions. A la Roipte Marguerite. Paris, 1609 (pet. in-12 de 8 If. liminaires, 804 pp. et 14 ff. pour les Tables. On trouve une autre éd., Paris, 1619. D'après Brunet, c'est la même, à laquelle on a mis un nouveau titre après la mort de l'auteur). La place d'bonneur dans ce recueil appartient aux Amours, divisées en trois livres : les Amours de Phyllis, les Amours de Chariiée, les Amours de Narsize, au total près de 350 sonnets erotiques, entremêlés, suivant la mode du temps, de poésies diverses, stances, complaintes, chansons. Encore de ces éternelles amours/ s'écrie avec découragement un des rares critiques qui aient parlé de La Roque'. II est certain que la monotonie de cette littérature langoureuse peut Qnir par sembler rebutante. Mais il ne faut pas ne voir que les idées, auxquelles les auteurs eux-mêmes n'attachaient pas tant d'importance, sans le style, auquel ils consacrèrent tantde soins. Il ne faut pas juger