‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 190 sur 254 · I, 96, V. 1-14; 103, ▼. 1-14; II, 305. v · texte numérisé non relu

I, 96, V. 1-14; 103, ▼. 1-14; II, 305. v

(Tiviirque de le confondre, comme on l'a fait', avec son homo- L ii\ni(' Jean Filleau, de Poitiers, le célèbre »rrétisle du si&clesui-

I s;inl. Noli'e Filleau fut président de l'Election de Clermont, el

ridiis savons par l'histoire loealequ'il résida à Élouy, prèsde CleriHiiiil :cti 1609, le seigneur de ce village lui inféoda un petit Oef ili'j» iidanl de sa seigneurie, situé tout près du château, sur les

il'iiriU de la Brcsche, el appelé La Motte*. De là le nom de la Mniti-Filiaus donné autrefois à un écart, aujourd'hui disparu, ilii \ ilUge d'Élouy (on aurait dû écrire la Motte-Filleau). I l.r livre de Jean de Filleau est intitulé : La Saincte Bible re-

f ihiirte en Epilome, par l'Histoire divine et sacrée de Sévère Sut-

jiif. commençant dès lacréalion du monde. Translatée fidèlement ilr hniijue latine en la Françoise... par Jean Filleau, Juriscon- Kiilh- de Clermont en Bcauooisis. De nouvcaua esté adjousté vers hi ji)i la Considération de Dorothée, Evestjue de Tyr, sur la vie et iHoii des Prophètes et Apostres. Pour la Royne Mère du Boy, ta snarrraine Dame. A Paris, chez Jean Pinart, demeurant rue S. Kslienne des grecs... 1579, in-12. Du Verdier indique une ;iuli-.' édition, Paris, Jean Coqucrel, 1570, in-S". L'auteur avait hriiilné ses traductions plusieurs années avant même cette deriw'rn- (laie : la dédicace à Catherine de Mcdicis porte la mention Mii\:iiilc : « De vostre ville de Clermont en Beauvoisis, ce l'jour lir janvier 1562. » Le travail de Filleau mérile-l-il la sévélili' a\-ec laquelle l'apprécie La Monnoye, dans ses notes sur hii \(.'idier? On peut du moins reconnaître à noire Glermontois Il I :ivanlage, qu'il a donné la première Iraduclion française du S.ilIusLû chélien'. Le volume se termine par un « Sommaire du \ii'l l'L nouveau Testament adjouslé par le translateur », sorte

I . II. BEADCRET-FiLLEtu el Cb. de CnEBGË, Dictionnaire hittorique, biographique et t/nu^.hglque de* famille» de fancien Poitou. Poiliers, 1840-1854, I. H, p. 97.

t Jrjïes auteurs lui attribuent aussi une Iraduclion de Sulpice SéTère. Nous

n'.j'. M^ irouTÛ aucune trace de ce travail dans >es manuscrits, que nous passédoos

j. V. Pihvert), Elouy, tet origine* el let ancient seigneur: Paris, 1894, p. 30. j, IIrubekt, OEweres de Sulpice Séi'ère (roUection Pinckouke), I. 1. p. t3Ti

d'exposé de la doctrine chrétienne d'après Jean de Filleau. Ce n'est pas la partie du livre que Grévin et ses amis ont dû le moins goûter. A en croire un avis imprimé au verso du titre, l'ouvrage de Jean de Filleau aurait subi à Paris l'examen de deux docteurs de la faculté de théologie. Ou il faut douter de la sincérité de cette mention, ou ils furent bien distraits, les théologiens, pour avoir laissé passer, dans le Sommaire^ des endroits tels que celui-ci : « Jésus-Christ est finalement venu en ce monde afin que... par bonnes œuvres, lesquelles Dieu a dressées et préparées devant nostre vocation pour estre par nous faites, démon strions que sommes appelez à cesle grâce et don de foy. » N'y a-t-il pas là un écho très net du dogme calviniste de la prédestination et même de celui de la non-justification par les œuvres? Ce passage, d'autres aussi, et encore certaines omissions dans cet exposé doctrinal, tout cela n'autorise-t-il pas à penser que le protestantisme peut revendiquer Filleau comme un des siens? Je n'ai pas parlé des liminaires de l'ouvrage. Après la dédicace à Catherine de Médicis, on trouve une ode de Filleau, puis une assez longue Épître au lecteur. Vient ensuite un avertissement oii il est dit que l'auteur « se reporte surtout à la Bible » ; nous nous en doutions bien un peu. On rencontre enfin un sonnet de Jacques Grévin de Clermont à Sévère, jadis aulheur du livre Latin translaté en François.

Ainsi qu en un jardin la soigneuse pucelle D*unc paillarde main va. moissonnant les fleurs, Qui tendent au sentir les plus douces odeurs, Que la terre escauffee en son sein renouvelle :

Ainsi a&-tu, épris d*une saincte estincelle, Severe, recueilly sainctement des douceurs Que tu vas distillant au profond de nos cœurs, Dont Tame est ensuyvant la vertu la plus belle,

C*est cognoistre soy-mesme et la saincte grandeur De ce grand ouvrier qui du monde est autheur. Faisant sa volunté par ses esleuz cognoistre.

Nous te remercions pour un si grand bien fait. Et prisons celuy la qui françois nous t*a fait, Et fait après mille ans ton bel œuvre renaistre.

Au-dessous, ce distique AdSeverumàoiiégsîlemeni avoir Grévin pour auteur :

Sub iumulo paucis nauius (sic) Severe, resurgis Omnibus in toio lucidus orbe micans.

ni

Un écrivain gentilhomme, soldat-poète dont les œuvres mériteraient une renommée qu'elles n'ont pas, un enfant de Clermont qui y vécut, qui y eut commerce avec les amis de Grévin et avec Grévin lui-même, qui nous a transmis de celui-ci un curieux souvenir et presque un portrait, voilà un personnage auquel on peut sans hors-d'œuvre consacrer, à l'occasion de Grévin, quelques pages de biographie et de critique.

Simon-Guillaume de La Roque naquit à Clermont (plus exactement, d'après Baillet, à Agnetz-sous-Clermont*) vers le milieu du XVI* siècle : « J'ay quarante ans passez... », dit-il dans un sonnet imprimé pour la première fois en 1609, mais composé certainement plus tôt, puisqu'un passage du même volume atteste que l'auteur a connu Grévin personnellement. La Roque parle à plusieurs reprises de ses voyages et de ses campagnes. Il fit la guerre en « maints pays » et pratiqua la vie des cours comme celle des camps. Peut-être suivit-il le duc d'Anjou lorsque celui-ci se rendit en Pologne, en mai 1575, avec une suite nombreuse et brillante. Ainsi s'expliqueraient les vers où il se plaint des glaçons « qui causent à son cœur une froideur extrême », et d'un

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