Ibid., p
ûmpliiTcation assez plate» dans laquelle il ne se préoccupait guère que d'imiter une odelette de Ronsard. Le litre de la poésie de La ftl Roque révèle déjà un procédé de composition et un artifice
poétique. Une vieille légende, quelle bonne aubaine pour l'écrivain local !
Au temps que les cotaux prennent des robbes vertes....
L'amoureux Alidor près d*une onde argentine f Yid, helas! à son dam la beauté d'Aroeline,
fj: Qui d*un chaste regard rengeoit dessous ses loix
Les plus gentils pasteurs du pays Ciermontois....
Un jour qu'Ameline « avecques son troupeau rcpassoit la rivière », c'est-à-dire la Rresche, le pont se rompit sous ses pas et l'eau engloutit à la fois le troupeau et la bergère. Alidor, ne trouvant plus sa maîtresse, fit retentir la contrée des éclats de son désespoir et mourut. Une fontaine jaillit à l'endroit où il avait versé tant de larmes :
La fontaine, où Narcis, par son erreur extresme, Se rendit se mirant amoureux de soy-mesmc, Ne fut jamais si claire et si plaisante à voir. Son sein va ressemblant la glace d'un miroir. On ne la voit jamais dans la source agitée, Hais son onde en sortant et bouillante et hastce, Et par plusieurs endroits, fait retentir le mont Et les divers coutaux d*alentour de Clermont.
Quand le ruisseau se jette dans la Rresche, à l'endroit où périt Ameline, on remarque que ses flots ne se mêlent pas à ceux de la rivière.
De façon que cette eau d*une puissance humide Combat incessamment la rivière homicide, Et semble qu'en passant elle regrette encor ^ia beauté d* Ameline et Tamour d'Alidor.
Le volume de La Roque contient encore un certain nombre de petits poèmes inspirés soit par la littérature italienne {Continuation de l'AngéliqiLe d'Arioste; les Heureuses AmoursdeCloridan)^ soit par des souvenirs antiques {Fable de Psiché; les Amours de Pan; le Jugement de Paris; Epistrede Didon à jEnée et dlléro à Léandrej etc.); — une Pastorale, La Chaste Bergère; — des Epitaphes et des poésies funéraires parmi lesquelles deux sonnets Sur le Trespas deDamoiselle Marguerite du Périer^ ne feront pas oublier les stances immortelles que Malherbe a chantées au bord du même tombeau; — enfin, des Œuvres Chrestiennes. Ici, nous devons placer franchement La Roque au-dessus de Desportes, dont les Psaumes ne sont, on le sait, qu'une œuvre de vieillesse d'une faiblesse incontestable. Les poésieschrétiennesdeLa Roque montrent de l'élévation et du charme, soit dans les pièces de forme diverse {slanceSy plaintes^ odes, etc.), où il donne au lieu commun des traits d'une élégance effacée et légère, comme, par exemple, dans l'ode sur le mépris du monde :
Pourquoy soulTrons-nous tant de peines I)*acquerîr des choses mondaines Tant superflues à nos ans?
Un toit de jonc et de feuillage Au bout d*un petit héritage Nous pare des rigueurs du temps';
soit dans les Sonnets, où tantôt il traduit rËcrilure, tantôt il exhale en grave langage ses sentiments religieux^ avec un mélange de piété et d'amertume qui fait penser à la satire politique de la Gélodacrye^j comme si, par une coïncidence singulière, mais non impossible, cet ancien ligueur, ami des Warty sur ses vieux
i. La Roque, op. cit., p. 721 et 722.