Ibid., 88, V. 23-30; 89, V
nie », comme l'appelle Colletet, c*est encore cette caricature de Ronsard :
Ceux-là qui à ce jour feront pèlerinage
En ton temple sacré, verront un grand image.
Au plus haut de Tautel, et, au dessous à part,
Escrit en lettres d*or : Monseigneur Saint Ronsard.
L'image qui de toy portera la semblance
Aura dessus le chef la mitre d'inconstance;
Sous elle apparoistra un grand front eshonté,
Un nez un |)eu tortu et un peu rabotté,
Une bouche retorse, une lèvre flestrie.
Une dent toute noire et à demy pourrie.
Ta barbe sera claire....
La chappe, qui sera esparse sur ton dos,
Sera bordée autour de verres et de pots.
Et de flacons aussi ; le tout en souvenance
Que vivant tu auras fait un Dieu de ta panse.
Et pour nous advertir qu*i) faut que ton tombeau
Soit omë quelque jour, pour urne, d'un tonneau*.
Suit la description de sept tableaux en tapisserie qui ornent les murs du temple et qui montrent Ronsard sous les différents aspects que lui prête l'auteur : Ronsard gourmand et cupide, avide de bonne chère et de grasses prébendes; — Ronsard débauché; les divers tableaux consacrés à ce point offrent une peinture si libre, qu'il est impossible de s'y arrêter, même pour faire voir jusqu'où va le ressentiment d'un ancien ami; — Ronsard impie. Il a « escrit folastrement » ; traduisons : il a écrit le Livret de Folastries, condamné par le parlement. Il ne croit pas à la Providence, témoin certain propos qu'il tint un jour, montrant à ses amis, « au doigt en un rond », un escadron de fourmis qui travaillaient à leurs pieds (où êles-vous, radieuses journées de Gentilly et d'ailleurs?). Mais il croit aux dieux de la mythologie,