II
10. Celle tra luction se trouve, sans inJicalion de son origine, dans un recueil manuscrit du XVI" siècle qui contient beaucoup de vers de Daurat : Bibliothèque nationale, mnnusrr'tts, fonds latin, n" 8138, fol. 70; n" 8139, fol. 121.
C'était, au xvi' siècle, la consécration déûnitive du succès que des traductions de cette nature, de même que les éloges en latin ou en grec dispensés par les humanistes de l'époque, amis de la Pléiade, chantres en langue ancienne des mérites de ses poètes. Cette consécration n'a pas manqué à Grévin. Dans les liminaires de VOlirnpey voici un distique gTec d'Dtenhove, signé de son nom curieusement grécisé : Kàpou^oç oùSèv-b-pio;, et adressé à Grévin de Claros, jeu de mots antique sur le nom de Clermont. En tête de César j voici une pièce de vers latins de Buchanan, qui exprime une admiration classique :
Greviniu statuit Phœbo Mumque trophœum Quod nulla eversum posteritate ruatK...
Jacques Pons, le poète lyonnais, ne montre pas moins d'enthousiasme dans son ode latine : In ludo% olimpicos*. Mais la place d'honneur, dans cette littérature laudative, revient à l'ami préféré, à Florent Chrestien; vers grecs sur le portrait de Grévin :
Nal aï xaXûç Pcôvdapôoç leiicev éoix^Ta 4>ol6c{>'....
vers grecs sur la Gelodacrye^; traduction en vers grecs ou latins de trois sonnets ou pièces de Grévin''; enfin, ode latine à Grévin •• Sorte de Mentor poétique, Chrestien, dans un style remarquable d'ailleurs par sa ferme élégance, adjure Grévin de quitter ses amours pour chanter de plus graves sujets, et pour aborder le théâtre, où il pourra faire entendre enfin autre chose que les farces de carrefour qu'on y débite, et le langage barbare, stribiliginem durarriy qu'il lui appartient de détrôner.