CONCLUSION
Tant de choses dans une vie si courte! C'est la première réflexion qu'inspire l'œuvre si étendue et si variée de Jacques Grévin, mort à trente ans. La partie poétique de cette œuvre, pour ne parler que d'elle, comprend plus de seize mille vers : imposant labeur, qui devait attirer l'attention par son étendue seule, et auquel la postérité ne paraît pas avoir accordé l'estime qu'il méritait d'ailleurs à tant d'autres égards. Ce n'est pas que, de son vivant, la louange ait manqué au nom de Grévin. J'ai dit quel concert d'éloges s'éleva de toutes parts. En un mot, l'auteur de VOlimpe et du Théâtre fut Tami de Ronsard, et, pour ainsi m'exprimer, l'ami de la Pléiade. Sans compter qu'on peut se demander s'il ne fit pas partie de la Pléiade, car cette dénomination n'a pas toujours désigné le même groupe d'écrivains, et au besoin « pour y faire entrer soit Grévin, soit Garnier, en respectant toujours le nombre sept, on supprimait Dauimt, ou un autre* ». A-t-on pris garde que Ronsard, dans le Discours à Jacques Grévin^ traite celui-ci comme un des meilleurs poètes du temps, comme le meilleur peut-être, après lui-même?
Tu nous as toutesrois les Muses amenées, Et nous a surmontez^ qui sommes ja grisons, Et qui pensions avoir Phebus en nos maisons*....
1. E. Facoet, Seizième siècle. Éludes littéraires. Paris, 1894, p. 201.