‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 223 sur 254 · Voir plus haut, p · texte numérisé non relu

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La nuict cstoit obscure et lu iune couverte

N'escleroit les sentiers de ma routte déserte ;

Les rochers de la guerre à fleur d*eau paroissoient,

20 Et d*un bort incertain les bancs me menaçoient : Quand la grande clarté et saincte et bien aymee Qui compaigne le cours de vostre renommée Apparut à mes yeux, et quand au desespoir De tous aultres secours j*eus ce bien de la voir; Aussi tost que la rois, aussi tost Tasseurance He feit monter en hault les yoilies d'espérance. Aussi tost j*ay single et d*un cours asseuré En bref je vins surgir au rivage espéré.

Madame, de ce feu la flamme coustumiere

30 Nourrist en vo$ vertus sa puissante lumière, Admirable et divine et qui fin ne prendra Tant que Tastre du monde en soy se maintiendra ; Par elle désormais on pensera la terre Qui s*esloigne aujourdhuy des rives d'Angleterre N'estre rien que désert et sec et retiré, Voyre de tout le monde à bon droict séparé, D'autant que ce pais ou là vertu babonde Doibt à juste raison estre nommé le monde.

Aussi Dieu tout puissant qui d'un œil arresté

40 Regarde des Angloix le sceptre rcdoubté.

Autres fois, en faveur de vous qui debviez naistrc, Mist ung monde en la main du vertueux anccstrc, Lequel ayant vaincu les plus audacieux, Aquist de conquereur le beau nom précieux.

De ce premier guerrier la race généreuse A tant depuis esté et fertille et heureuse, En comtes et en ducs, en princes et en Roys, Aux armes redoublez et justes en leurs loix.

Les ungs preux et hardis augmentèrent leur gloire,

50 Par leurs actes gravez au temple de Victoire, Pour avoir maintes fois d'un bras encouragé Dcsroutté TEscoissois en bataille rangé.

Et les aultres encor, amys des destinées, Veirent de leurs subjcctz les trouppcs mutinées Vaincues tout aussi que les audacieux

Qui jadis (comme on dict) cschellercnt les deux ; Ou ainsi qu'on a veu ceslc bande peu sage Qui habite aux niarestz d'Irlande la saulvagc* Avoir puis peu de jours chèrement achepté ' 60 Et payé chèrement son infidellité,

Quant par votre conseil et la sage conduicte I>e maint brave guerrier elle fut mise en fuicte, Et que Dieu tout puissant nionstra evidamment Qu'il veult favoriser voslre gouvernement.

Les aultres, non contaiis de ces gloires acquises, Furent favorisez en maincles entreprises, Ayans passé la mer, leur chef environné D'un laurier tousjours vert se sentit couronné, Et mesme nous veoyons la belle renommée 70 D'Edouard et Henry, heureusement armée.

Au meilleu des vaincus tenir dessoubz ses pied/ Du north et du mydy les peuples chastiez.

Son chef est couronné; sa lance est estopliee D'un corsellet gravé qu'elle porte en trophée ; L'armet est par dessus, et de ce vague corps On veoit sortir le nom et les armes des morlz, Les haches, les esculz, les banyeres connues. Les flesches et les dardz et les lances rompues; Son visage, ses bras, sa poictrine, et son flanc 80 Paroist entremeslé de poulsiere et de sang ;

Elle est droicte sur pied ; l'escharpe qu'elle [)orte Est d'une lettre d'or escripte en ceste sorte : Henry, Olz de Henry, tant connu des Gaulois, Et le prince Edouard, vaincueur dos Escossois.

Ainsi de voz ayeulx l'adresse et la vaillance Augmente d'autant plus voslre heureuse puissance. Qu'heureux ils ont estez et crains et redoublez Par les peuples qu'ilz ont vaillamment surmontez. Ce bon heur toutes fois, bien qu'il vous rende heureuse, 90 Ne sçauroit augmenter la gloire précieuse Du los qui vous est deu et qui par l'univers Ores sera porté sur l'esle de mes vers.

Ung aullre vous louera pour vostre dcssendue

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