‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 36 sur 254 · Ibid.f il, V · texte numérisé non relu

Ibid.f il, V

retient-elle au tumbeau des marques et images d'empire* ». Il veut de ses mains lui arracher son diadème :

palais enterrez dessoubs vos profondeurs.

Tombeaux ensepvelis en vostre propre cendre, Colonnes que le temps en poudre faict espandre, Théâtres affaissez soubs vos propres haulteurs*... Asyle authorizé, chevaulz, braves guerriers.

Fils d*Âpelle et Phidie, antiques pyramides, Braves ponts estendus sur les ondes liquides Uue le Tybre conduit des grands lacs montaniers... Vous n*estes rien que cendre'....

Rome ne présente qu'un amas de ruines, qui, elles-mêmes, périssent d'heure en heure. On cherche Rome, on ne la trouve pas. Voilà ce que le poète répète à satiété, et sous toutes les formes, sans paraître s'apercevoir de l'exagération manifeste où l'entraîne son inspiration protestante, C'est qu'au fond il s'irrite surtout de cette appellation de Ville-Éternelle que les catholiques aiment à décerner à Rome. Pour un protestant, il n'y a pas de Ville-Éternelle : il n'y a d'éternel que le Très-Haut. Témoin Rome elle-même,

Qui crie en déclarant sa ruine publique.

Que rien n*est éternel que la grandeur de Dieu^.

C'est pourquoi elle subira la loi commune, et disparaîtra. Dans son orgueil, elle s'est « forgé une principauté ». Elle a voulu devenir « des Ames l'Emperière* ». Cette domination-là « ruine et empire » tous les jours et passera comme l'autre. On le voit, les Sonnets sur Rome procèdent du plus sévère calvi-

i. Montaigne» Essais^ IH, 9.

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