‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 35 sur 254 · Sonn. sur Rome, IX, v · texte numérisé non relu

Sonn. sur Rome, IX, v

forment le développement du sonnet XJV des Anliquitez\ Tout le sonnet XXIV de Grévin est imité pas à pas, et presque mot pour mot, y compris une fâcheuse pointe qui sent le plus pur pétrarquisme, du sonnet VII des Anliqnitez*.

Par la suite, les idées de Joachim Du Bellay prirent un autre cours. Son inconstance naturelle, la penlc de son esprit, Tennui de fonctions subalternes, le spectacle des désordres, des ridicules et des scandales qui régnaient autour de lui, causèrent chez le poêle un amer désappointement, qui se répandit dans les Regrets. Avec Grévin, il n'en fut pas de môme. Grévin ne se réveilla pas désillusionné, parce qu'il arrivait sans illusions. Il apportait avec lui ses idées toutes faites, son désenchantement et ses tristesses. N'oublions pas qu'il visitait Rome en exilé, et que ridée des luttes civiles de sa patrie ne cessait d'assombrir sa pensée :

Je voulus voir les arc%, les Uieatres prisez, Ces colonnes aussy et portiques brisez, Car puisque j estois nay en saison malheureuse, J*aimois mieuU aller voir les ruines d*aultruy Et m*en esmerveiller, que tousjours plein d'ennuy Voir de mes propres yeux la France ruineuse'.

La différence entre les Sonnets sur Rorne et les Antiquitez lient à la pensée satirique qui éclate dans les premiers et pour laquelle ils ont été faits. Grévin n'écrit pas une méditation, mais une diatribe. Son idée préférée, c'est que Rome n'existe plus. Rome lui apparaît comme une ville

Dont le nom est plus grand que n'est sa vérité*.

Magni nominis umbra ! Ce n'est pas lui qui dirait qu' « encores

4. Du Bëllw, éd. M-L., Il, 270 : Gomme on passe en esté le torrent sans danger... ' 2. ïbid., 267 : Sacrez costaux, et voussuinctes ruines...

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