‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 51 sur 254 · FABRiaus, loc. eit,f p · texte numérisé non relu

FABRiaus, loc. eit,f p

Alexipharmaca (Paris, 1557). En 1566, Henri Estienne comprenait les poèmes de Nicandre dans ses Poetx Grxci Principes heroici carminis. La traduction française de Grévin constituait, on le voit, une nouveauté.

Grévin dédie cette traduction à Jean de Gorris. Plusieurs raisons guidaient ce choix. Jean de Gorris, réputé, selon Scévole de Ste-Marthe, pour sa connaissance de la langue grecque, avait, le premier en France, donné une traduction latine de Nicandre. Comme Grévin, il était médecin : de 1548 à 1550, il exerça le décanat. Comme Grévin, il était calviniste. Plusieui^ fois inquiété à cause de ses opinions religieuses, exclu de l'Université, rétabli par faveur, il sera, en 1569, rayé en même temps que Grévin de la liste des docteurs régents de la Faculté, et, s'il doit survivre aux événements de la Saint-Barthélémy, il mourra peu d'années après d'une paralysie causée par la terreur qu'ils lui inspirèrent. On comprend que Grévin ail saisi l'occasion de faire précéder sa traduction d'une Épître « A M. Jehan de Gorris excellent médecin à Paris* ». Celte occasion servait à la fois ses amitiés et ses rancunes. Le poète imagine que la Muse latine, « paravant délaissée » et Gère du tribut que lui apporte Jean de Gorris, s'adresse à sa sœur, la Muse française, et lui remontre qu'elle n'a pas tant à s'enorgueillir des hommages que lui rendent les rimeurs du temps :

Les plus braves d'entre eux qui pensent vous complaire Et qui seuls se vantoyent vous pouvoir satisfaire Ne vous donnèrent rien de riche et d'excellent Qu'ils ne l'eussent à nous emprunté paravant '.

C'est déjà la querelle des anciens et des modernes. L'auteur de VOlimpe ne cache pas ses préférences, et dans l'étalage de celles-ci perce le parti pris d'ignorer l'œuvre jadis tant aimée de Ronsard. Piquée par ce « mordant propos », la Muse française

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