‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 55 sur 254 · vers · texte numérisé non relu

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seillait la thérapeutique du temps de Nicandre. Peu de digressions. Ceux que charme dans le vieux langage la naïve impudeur des expressions pourront chercher dans la traduction de Grévin^ l'épisode de Venus changeant une jeune fille en lis, et, pour l'humilier davantage, attachant à la fleur, par un raffinement de vengeance, une particularité dont ne se fussent point offusquées, au temps de Juvénal, Laufella ou Médulline\ J'aime mieux citer le passage où nous voyons les enfants villageois

qui laissent dégourdis Le ramper dangereus, et par voye douteuse Marchent sans le suport de leur mère soigneuse^,

s'amuser à mâcher la fleur de la jusquiame qui leur fait gonfler les lèvres et les gencives. Comme les ThériaqiteSj les Contrepoisons se terminent par quelques vers adressés à Jean de Gorris :

Toy aussi, de Gorris, qui as Tesprit divin Favorise toujours le nom de ton Gré vin, Qui poursuivant les pas d*une Huse parfette S*est fait, comme Tauteur, médecin et Poète : Favorise moy donc, qui premier des François Ay montré mon langage à ce Poète grégeois*.

Sans être littérale, la traduction de Grévin se recommande par sa fidélité. Les extraits ci-dessus rapportés, comparés aux passages correspondants de INicandre, montrent dans quel esprit elle est conçue, cherchant à se conformer non seulement au sens, mais encore au mouvement du texte, rendant, par exemple, un rejet par un rejet. Cette façon de traduire semble aujourd'hui

i. Nicandre, p. 79, v. il.

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