‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 54 sur 254 · Nicandre, p · texte numérisé non relu

Nicandre, p

NlCAHDRB :

k àXXfù 5* tyxkoàoMaa Xoiclç ice(3t(xiQxea xOxXov

* tcotxlXov al6XXei* icôXéeç Ô* &iià6ot<Ti (iiYâvTcç

OTEcipip XsicpalvovTai àXtvÔ6}xevo( «l^aiJidcOoiai»

{Ther., ▼. 153-156).

Heureusement, des épisodes tempèrent un peu la sécheresse de ces nomenclatures. Quelques vers empruntés à l'un d'eux suffiront à donner une idée du style de Grévin traducteur. Voici une fable qu'on pourrait intituler lAne et le Serpent. Jupiter, après avoir partagé avec Neptune et Pluton l'empire des éléments, voulut récompenser les hommes de ce qu.'ils l'avaient averti du larcin de Prométhée. Il leur donna la Jeunesse, qu'ils emportèrent de l'Olympe. Mais bientôt, le fardeau leur semblant trop pesant, ils le chargèrent « sur un blanc ventre nice », dit Grévin, c'està-dire sur un âne au ventre blanc {nice est un vieux mot qui signifie naïf ou niais),

lequel ayant marche Flechissoit, et avoit son gosier dessccbé.

L'âne passa près d'une fontaine limpide, gardée par un serpent. Il s'adressa humblement à

ceste bete tortue; En flattant la pria qu*en sa déconvenue Elle le secourût; mais elle demandoit A ce sot pour loyer la charge qu'il avoit Receuê sur sou dos; luy voyant que ce faire Eloit nécessité, n*alla point au contraire.

Et tout depuis ce temps, les hommes sont vêtus De viellesse fâcheuse, et les serpens tortus Laissent leur vielle peau^..

i. Nicandre, p. 30, t. i-9.

NiCAHDRE :

NcdOeTç yàp xàpivovTeç &{iop6e0ovTO Xtjçàpytù, Ôâpa* TCoX\jaxapO{ioc 6é xexau{iévoç aOx&va Si^p^ ^ibeTO' ycoXeioTat Ô' l5o>v 6Xxi^pea 09}pa oCXo6v éXXiTaveus xaxf} 27caXaXxip,ev &tt) aaivuv* aùxàp 5 ppTOo;, 8 ôri p* dcveSèÇato xP'^o^* 'ES6t8 Y^P^Xiov (liv àel çX6ov épicerà p^XXct èXxi^pv), OviQToOç 5è xax6v icepl ffipoii ài^àl^ti,

(Ther., v. 348-554).

Ronsard, dont l'érudition n'omettait aucun classique (et le nombre des traductions de Nicandre témoigne assez qu'au XVI* siècle on considérait cet auteur comme un classique), connaissait les œuvres du médecin grec avant la version poétique de Grévin. Il cite Nicandre dans un sonnet qui porte la date de 1560 :

Celuy qui boit, comme a chante Nicandre, De Taconite, il a Tesprit troublé ^..

et déjà dans une de ses odes du livre II (publié en 1550), il s'inspirait de ce conte de l'Ane et du Serpent, et il s'écriait, sans préparation ni explication, et comme faisant allusion à un texte bien connu :

Ah ! que maudite soit i*asnesse Qui, las ! pour sa soif estancher.

Au serpent donna la Jeunesse, Que garder on devoit tant cher, Jeunesse que le populaire De Jupiter avoit receu Pour lover de n'avoir sceu taire Le secret larrecin du feu'l

On avouera que le commentaire de N, Richelet n'était pas de trop, pour apprendre au lecteur que dans cette strophe Ronsard se souvenait d'un passage des Thériaques de Nicandre 1

Les Contrepoisons, c'est-à-dire la traduction' des Alexipharmoques y ne nous arrêteront pas plus longtemps. Le poème grec passe en revue les poisons internes qui agissent sur les organes de la digestion. Après la description des diverses substances, viennent les effets pathologiques qu'éprouvent ceux qui les ont avalées, et les remèdes, parfois plus ou moins étranges, que con-

i. Ronsard, éd. P. Bl.. I, 396, v. 6-7. Cf. 595, note 4.

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