‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 6 sur 254 · VIE DE GRÉVIN · texte numérisé non relu

VIE DE GRÉVIN

Da manuscrit de Colletet comme source biographique. — I. Date de naissance de Gréfin; opinions diverses. — Éducation; Fonde de Prong. — Grévin au collège : Hurety Jodelle. — Grévin étudiant en médecine; — les œuvres dramatiques : la Trésorière; César; les Esbahiê (1558). — IL Premières poésies (1558-1559). La Poêiorale (1560). — Études médicales : baccalauréat. — VOlimpe (1560). Amitié de Ronsard. Grévin et Nicole Estienne. Fuite de Grévin. — III. Grévin protestant. — IV. Grévin en Aaglelerre : le Chant du Ciyne, poésie inédite (1560). — V. 11 revient en France; encore Céêûr et Us Esbahis; licence en médecine; — le Théâtre (1561 et 1562). — Doctorat en médecine (1562). — VI. AcUvité littéraire et médicale ; participation aux pamphlets calvinkles contre Ronsard ; rupture. — Querelle avec Charpentier : la Responsio ad calumnias el b Response aux calomnies (1564). — VAnatomes totius delineatio (1565). — PolémM|iie avec le médecin Louis de Launay : le Discours sur C Antimoine (1566). — Le Proème (1567). — V Imposture et tromperie des Diables, — Le Second Discours sur l'Antimoine (1567). — Vil. Grévin à Anvers; relations avec Plantin : les Dialogues pour Us jeunes en fans (1567); analyse de cet ouvrage. — Traductions en vers : Les Emblèmes de Sambucus et d*Adrien le Jeune; les Œuvres de Nicandre (1567). — Le TraiU des Venins (1568). — Projet non exécuté d'une édition corrigée du Théâtre, — VIU. La vengeance de Charpentier : Grévin rayé de la liste des docteurs régents (1568) ; — les PortraicU anatomiques (1569). — IX. Grévin en Italie, k la cour de Turin. Les Sonnets sur Rome; analyse. — X. Mort de Grévin (1570). — XI. La Complainte de Claude Binet sur la mort de Grévin.

On sait que le précieux manuscrit de Guillaume Colletet, Les Vies des Poètes français par ordre chronologique depuis 1209 jvjsqu^en 1614... fut détruit par l'incendie de la Bibliothèque du Louvre au mois de mai 1871 *. En ce qui concerne notre au-

1 . L. Pankikr, Essai de restitution du manuscrit de Guillaume Colletet, dans la Revue critique d^histoire et de littérature, 1872, II, p. 324-358 (Tirage à part à 60 exemplaires sous ce titre : Le manuscrit des Vies des Poètes françois de Guil"

leur, celte perle ne larda pas à se trouver réparée. En 1872, la Bibliolhëque nationale acquérait une reproduction partielle du recueil de CoUetet* faite, à ce qu'on suppose, dans les premières années de ce siècle, pour le compte d'Aimé Marlin; elle comprend Tarlicle sur Jacques Grévin'. Ce n'est pas tout. Depuis lors, une aulre copie vint encore s'adjoindre à celle-ci, une Iranscriplion de la vie de divers poètes, parmi lesquels Jacques Grévin, d'après celle que M. Edouard Tricolel avait prise autrefois sur le texte autographe à la Bibliothèque du Louvre'. J'ai donc pu consulter la notice consacrée par CoUelet à Grévin, notice restée toujours inédite*. C'est un document d'un grand prix. Collelet, à défaut d'autre mérite, possédait une réelle érudition, notamment en ce qui concerne le xvi' siècle, et il s'efforce de se montrer à la fois exact et complet. « 11 y a peu de choses de cette nature qui me soient eschappées », dit-il lui-même à propos d'un opuscule de Grévin dont il proclame la rareté et qu'il se vante de posséder. Malheureusement, si son travail fournit des éclaircissements littéraires dont il ne faut pas méconnaître la valeur, il se trouve en revanche très sobre de renseignements biographiques. J'ai complété ce qu'il dit par quelques indications puisées à des sources peu connues et peu nombreuses. Bien des points resteront obscurs. En somme, on ne sait presque de la vie de Grévin que ce qu'il en a dit lui-même, et c'est peu de chose.

laume Colletet, brûlé dans Cincendie de la Bibliothèque du Louvre : essai de resli-' iution par Léopold Pannier. Paris, 1872) ; — L. Paris, Les manuscrits de la Bibliothèque du Louvre brûlés dans la nuit du 23 au 24 mai sous le règne de la Commune, Paris, 1872.

1. L. Delisle, Le cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale, lAl^^^ZM.

2. Bibliothèquo nationale, matiuscrits, fonds français, nouvelles ' acquisitions , n'3075, fol. 211-217.

3. Ibid.f n" 3074, p. 336-346. Cette copie est plus complète que l'autre; c*est celle que nous suivrons.

4. P. BoMNEFON, Contribution à un essai de restitution du manusa^t de G, Collelet, intitulé : « Vies des Poètes françois )), dans la Revue d'histoire littéraire de ia France, 1895, p. 72 et 74.

Jacques Grévin naquit à Clermont en Beauvaisis*, pays de sa famille*. Sur Tannée où il vint au monde, les biographes ne sont pas d'accord. Ce serait en 1«")58, selon les uns', en 1540* ou vers 1540% selon les autres. Baillet donne même la date de 1541 '. On pourrait le croire bien informé. D'abord en qualité de Clermontois (né à la Neuville-en-Hez, près de Clermont). Ensuite, son témoignage prend une apparence de précision lorsqu'il dit que Grévin mourut le 5 novembre 1570 (ce. qui est exact), « âgé de vingt-neuf ans et quelques mois' ». Cela le ferait naître en effet en 1511. Mais Baillet ne se pique pas d'être conséquent avec lui-même. Il prétend, d'autre part, que Grévin, lorsqu'il donna sa tragédie, c'est-à-dire en 1558, n'avait que treize' ou quatorze ans ! * Baillet s'est laissé entraîner par

i. Soit dans les titres de ses ouvrages, soit dans ses cpitres dédicatoires, Grévin écrit presque toujoura Jaques et non Jacques. Nous écrivons Jacques pour nous conformer à Fusage. D'autre part, nous nous conformons h l'ortbographe suivie presque invariablement par Grévin lui-même en écrivant BeativaisU et non Beauvoisis. Enfm nous devons noter qu'il écrivait son nom avec un accent aigu : Grévin (\, 18, v. 8 ; 34, V. i ; 42, v. 5; 56, v. 1 ; 76, v. 27; 95, ▼. 4), ce qui est très remarquable pour une époque où Temploi de Taccent dans le corps des mots constituait une innovation. — Nous avons tenu à respecter scrupuleusement dans les citations Torlbographe de Taufeur, sauf que nous avons employé le j au lieu de Yi quand c'était nécessaire, et transcrit v les u consonnes : modifications aujourd'hui admises et qui ont pour effet de faciliter la lecture. Nous avons conservé l'accentuation de Grévin, du moins dans les citations en vers. Quant à sa ponctuation, qui est tout h fait arbitraire, nous avons cru pouvoir la modifier au besoin dans l'intérêt de la clarté.

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