Acte III. — Calpurnie confie ses pressentiments à la nourrice
Dilecta nutrix, quid mihi inslat^ nescio : ,
Sed me misellam mirm invasit limor.
Elle lui raconte le songe qui l'a effrayée la nuit précédente. La nourrice la rassure et lui conseille de sacrifier aux dieux :
Rite conceptis deos Mollire votiSy thuraque aris omnibm Adolere prtTstat. Non inexorabilis Mens est deorum.
Calpurnie ne se propose pas moins de dissuader César d'aller au Sénat. Le chœur implore la faveur des dieux pour la fête des Lupercales.
Acte IV. — Après une si longue exposition, nous voyons enfin commencer Taclion et naître un intérêt de curiosité. Calpurnie conjure César de ne pas assister à la séance du Sénat. César résiste d'abord à ses prières, puis finit par céder : MUtatur senatm in hum diem. Mais D(»cimus Brutus lui demande si le vainqueur de tant de nations s'arrèleia aux songes d'une femme :
Si Cœsar orbem, CsBsarem mulier régit!
Et César n'hésite plus; il s'écrie :
Eamus : onmis jacta nobis aléa est.
Le chœur blâme la facilité des hommes à mépriser les conseils de la femme.
Acte V. — Le meurtre est accompli. Brutus, entrant en scène, jette la nouvelle au peuple dans une apostrophe dramatique :
Spirale y cives! Cœsar interfectus est....
puis, Cassius et Brutus appellent le peuple à la liberté. On s'attendrait à ce que la pièce prît fin en cet endroit, par un chœur qui porterait aux nues la conduite des conjurés. Muret, désireux de nourrir son cinquième acte, le termine par une seconde partie, d'une allure assurément théâtrale, mais qui se rattache assez faiblement à la partie précédente. Galpurnie reparaît, se lamente et crie à ceux qui ont tué son époux qu'ils doivent lui faire partager son sort. Le chœur, oublieux tout d'un coup des sentiments républicains dont il a fait montre, maudit les meurtriers de César. L'ombre de celui-ci surgit alors. Ce n'est pas, comme le dit M. Faguet, le cadavre du dicliUeur qu'on apporte sanglant sur la scène*. C'est bien son ombre qui nous déclare qu'elle demeure déjà avec les habitants de l'Olympe. César fait allusion à la vengeance qu'on tirera de sa mort; Calpurnie laisse éclater sa joie de cette apothéose, et la pièce se termine paisiblement par des considérations du chœur sur l'immortalité de l'âme.
Venons maintenant à la tragédie de Grévin. La comparaison à laquelle il nous convie se fera peu à peu : nous n'aurons qu'à la résumer.
Acte L — César, parvenu au faîte de la grandeur, se sait entouré de périls. Mais un héros tel que lui ne doit pas redouter le trépas :
Quoy! qu'au cueur de César la craincte prenne place! Non, il n en sera rien : car cela seul efface L'honneur de mes beaux faicts. Il vault bien mieux mourir Asseuré de tout poincl, qu'incessamment périr