HonuaNB, EuaU, I, !T
personnages l'éloge des vertus républicaines, c'est visiblement sans enthousiasme, et Taflabulation qui termine son poème :
Geste mort est fatale Aux nouveaux inventeurs de puissance royale',
ne vient pas en résumer l'idée maîtresse et en exprimer la moralité. On sent bien que pour Grévin, Rome, qui doit sa puissance à César, ne peut que redouter les effets d'une révolution. Ces palais, s'écrie le dictateur,
Sçauront après ma mort de combien ma présence Sert pour contregarder leur antique puissance*.
Il est facile de voir que l'auteur partage les sentiments du messager lorsque celui-ci exècre les assassins, et ceux des vétérans lorsqu'ils laissent percer des doutes sur l'efficacité des promesses démagogiques :
Et je crains qu'un mesme soleil Ne Taist vue un malheur prédire Et qu*il ne voye cest empire Cruellement ensanglanté Sous romWe d*une liberté'.
Comme sens historique, c'était très intelligent. Fallait-il prêter l'ivresse de l'affranchissement à une populace plutôt capable d'offrir à Brutus, ainsi que dans le chef-d'œuvre de Shakespeare, le tilre de César en témoignage de sa reconnaissance? Comme dramaturgie, c'était fort adroit, tout l'intérêt se concentrant sur la victime. Soit répugnance personnelle, soit sentiment critique de la situation, Grévin se montre très sobre de déclamation démocratique. A ce point de vue encore, je me sépare de M. Faguet, qui voit dans le César quelque chose comme « la Servitude volontaire en vers ». On peut parler ainsi de la pièce de Muret,