‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 94 sur 254 · Il, H4, T. i · texte numérisé non relu

Il, H4, T. i

La première comédie* nous présente la déconvenue d'une effrontée coquette (expression encore indulgente), à la fin démasquée et confondue. La Trésorière^ c'est Constante, épouse d'un trésorier, c'est-à-dire d'un ofGcier du fisc, que nous appellerions aujourd'hui le percepteur des contributions. En butte aux entreprises de deux soupirants, elle ne cherche guère à les décourager. L'un est un gentilhomme d'assez fière mine, qui a fait la guerre : soldai éprouvé, amoureux novice. L'autre est un jeune ce protenotaire », frais émoulu de l'Université. On a toujours voulu voir en lui un personnage ecclésiastique. Je crois que c'est une erreur. Le titre de protonotaire' se donnait aussi à certains hommes de robe, et le nôtre, que ses affaires appellent au Palais', me fait plutôt l'effet d'appartenir au monde judiciaire. Chacun d'eux possède un confident dans la personne de son sei^viteur, type du valet de comédie astucieux et dévoué, parfois honnête, souvent fripon, qui soigne ses amours en servant celles de son maître, au demeurant l'ancêtre des Gros-René et des Crispins. Ni Loys (c'est le gentilhomme), ni le jeune robin n'ont encore de raison de se montrer jaloux l'un de l'autre. La rusée trésorière s'est contentée de dépouiller le second du peu qu'il avait, et de réduire à la gêne le premier, qui était aisé :

Elle luy a ja arraché Les biens, Thonneur et les amis :

C*est une mer, ou il a mis Mille trésors qu*elle dévore ^.

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