‹ Jacques Grévin, 1538-1570: 1538-1570Chapitre 95 sur 254 · II, 56, V · texte numérisé non relu

II, 56, V

L'argent joue un grand rôle dans cette pièce :

Le gain faict tout, le gain emporte Les rempars d'une ville forte ; Le gain fait trompés les maris ; Le gain est le dieu de Paris*.

Contraints à chercher des expédients, les deux galants ont chacun sa façon de s'y prendre. Loys paye au trésorier de gros intérêts pour obtenir le versement, non seulement d'un quartier de rente à échoir, ce qui se concevrait encore, mais aussi d'un quartier échu, que ce digne fonctionnaire refusait d'acquitter. Quant à son rival, il ne trouVe rien de mieux que d'emprunter à sa maîtresse l'argent qu'il dépensera pour elle et qui d'ailleurs venait déjà de lui ; son valet reconnaît les écus :

Je recognoy bien cestuy-ci Et ce double ducat aussi, Un noble, un angelot encor :

C estoit pour des brasselets d or Que monsieur lui donna un jour*.

Constante, en avançant cette somme, calcule qu'elle lui sera remboursée par Loys, qui lui a promis de l'argent pour une chaîne d'or. Mais, impudente autant que cupide, elle commet une étourderie qui va tout gâter. Sur une déclaration en règle du protonotaire, elle le fait entrer chez elle en profitant d'une absence de son mari, et ne s'aperçoit pas que Richard, le valet de Loys, a assisté à la scène. 11 l'arrête sur le seuil de sa porté. Il lui remet le prix de la chaîne d'or. « Et mon maître? demande-', t-il. — Demain! » — Fureur de Richard, qui court avertir le gentilhomme :

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