‹ Jacques Grévin, 1538-1570; étude biographique et littéraireChapitre 108 sur 262 · II, ^20, V. 28; d'il, v. i · texte numérisé non relu

II, ^20, V. 28; d'il, v. i

maître, que Tamour a rendu fantasque et exigeant; tout le jour, les ordres se succèdent :

Guillaume, vicn cy me pigner,

Toy, va-ten clicz le cuisinier,

Toy, va-ten chez le porte-chappe,

Et toy, va-ten voir si ma cappe.

Mon grand saie, et mon viel pourpoinct,

Sont racoutrez à mon apoinct*.

Aussi quand Marion lui propose de jouer un bon tour à sire Josse, Antoine accepte sans même demander de quoi il s'agit, après avoir philosophé sur les dangers du mariage\ Les deux conjurés trouveront un allié dans la personne de Julien, serviteur de l'avocat. L'avocat cependant se désole. Son cousin « le gentilhomme » lui parle raison sans succès; parle-t-on raison à un amoureux? et un Italien grotesque, «Messere Panlhaleone »,nous apprend qu'il se meurt, lui aussi, pour Madeleine, ignorante d'ailleurs de cette belle passion. Il en oublie pour elle une femme qu'il avait fait venir avec lui de Lyon, et qui du reste l'a quitté. Les rencontres de ce fantoche et de Julien amèneront des scènes réjouissantes : dès celle-ci, Grévin a tracé d'une main ferme la caricature du miles gloriosm, fanfaron et couard, fastueux en paroles, au demeurant famélique :

Vous le verrez tanlost vanter,

Tanlost élever ses beaux faicts,

Et conter ceux qu'il a deflaicts

A la prise d'un poulallier,

Et comme il sçait bien batailler

Quand il lault rompre un buys ouvert,

Ou bien un [»aslé descouvert

Pour y plonger ses mains dedans.

Le voyez-vous cun^r ses dcns,

11 a disné d'une salade,

Et au dessert d'une gambade'....

i. II. 131, V. 14-10.

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